Dépenses par élève, rythmes scolaires... Cinq choses à retenir du rapport annuel de l'OCDE sur l'éducation française

13 - Septembre - 2017

Chaque année, elle passe au crible les systèmes éducatifs de ses 35 pays membres. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié la vingtième édition de son rapport annuel "Regards sur l'éducation", mardi 12 septembre.
Temps de présence à l'école, dépenses publiques pour l'éducation, rémunération des enseignants : l'organisation a passé plusieurs dizaines d'indicateurs au peigne fin. Que dit-elle de l'état de l'éducation en France ? Franceinfo revient sur cinq conclusions de l'étude au sujet de l'école française.
1La France, pays comptant le moins de jours d'école par an en primaire

C'est sans doute l'un des éléments qui différencient le plus la France des autres pays membres de l'OCDE. Parmi les 35 Etats membres de l'organisation, l'Hexagone est celui où l'on compte le moins de jours moyens d'école annuels pour les élèves de l'enseignement primaire.
Au cours de l'année scolaire 2016-2017, les élèves de primaire ont passé 162 jours à l'école, soit le nombre de jours "le plus bas de tous les pays de l'OCDE", explique l'organisation dans sa note (lien en anglais) sur la France mardi. L'institution précise que ce calcul a été fait avant même le retour à la semaine de quatre jours en France, rendu possible par le gouvernement avec la publication d'un décret au Bulletin officiel, le 28 juin. Selon La Croix, ce "record" français s'explique par le fait que dans l'ensemble des autres pays membres de l'OCDE, la norme est plutôt à la semaine de cinq jours à l'école.
Le nombre d'heures de cours des élèves de l'enseignement primaire est en revanche plus élevé en France, par rapport à la moyenne des Etats membres de l'OCDE, relève le rapport de l'organisation. Les élèves français ont en moyenne 864 heures de cours par an à l'école primaire, contre 800 pour l'ensemble de l'OCDE.
2Des niveaux de dépense inégaux

L'édition 2017 de "Regards sur l'éducation" pointe également du doigt des niveaux inégaux de dépense par élève en France, de l'école primaire à l'enseignement supérieur. Selon l'OCDE, les dépenses annuelles des établissements scolaires pour un élève de primaire sont inférieures de 15% à la moyenne des pays membres de l'organisation. Elles s'élèvent à environ 6180 euros par élève et par an en France, contre 7268 euros en moyenne. Les dépenses pour un élève en lycée sont, au contraire, supérieures de 37% à la moyenne de l'OCDE. Elles atteignent 11 600 euros, alors que la moyenne des pays membres est de 8 437 euros. Au collège comme dans l'enseignement supérieur, les dépenses annuelles par élève sont très proches de la moyenne de l'OCDE.
L'organisation note en parallèle que la part du produit intérieur brut (PIB) consacrée aux dépenses publiques d'éducation en France est légèrement supérieure à la moyenne des pays de l'OCDE. L'Hexagone consacre 4,8% de son PIB aux dépenses publiques pour les établissements d'éducation, contre 4,4% pour l'ensemble des Etats membres de l'organisation.
"En 2014, après un léger recul, la France retrouve le niveau de dépense publique d'éducation de 2010", poursuit l'institution. "Néanmoins, la dépense publique d'éducation a moins augmenté que les dépenses publiques totales sur la même période", tempère-t-elle.
3Le gouvernement va "dans le bon sens", sauf pour la semaine de quatre jours

"Les efforts du gouvernement précédent et de celui-ci vont dans le bon sens, car ils mettent l'accent sur le primaire", a relevé la coordinatrice du rapport, Corinne Heckmann, lors d'une conférence de presse mardi, rapporte Europe 1. L'OCDE estime notamment que le dédoublement des classes de CP et de CE1 en REP+ est une décision "très positive". Mais "on n'enseigne pas de la même façon à une classe de 12 élèves qu'à une classe de 25", prévient Corinne Heckmann. L'organisation appelle ainsi le gouvernement à se pencher sur la formation pédagogique des enseignants.
L'OCDE exprime néanmoins de vives critiques à l'égard du retour à la semaine de quatre jours, initié au début de l'été. Un tiers des écoles primaires et maternelles ont choisi de revenir à ce rythme scolaire dès la rentrée. "Le choix des communes s'est basé sur des raisons financières, et on ne peut pas leur en vouloir, mais non sur le bien-être de l'enfant", a regretté Corinne Heckmann lors de sa conférence de presse. "Avec moins de jours de classes, plus d'heures, on a en France des journées de classe très concentrées", a-t-elle poursuivi. "Comment adapter la pédagogie aux élèves les plus en difficulté lorsqu'on a un temps d'éducation aussi concentré ?"
4Les débouchés des filières professionnelles plus limités en France

La note de l'OCDE sur l'état de l'éducation en France relève une autre particularité du pays : le taux d'emploi des jeunes ayant suivi une filière professionnelle y est inférieur à la moyenne, malgré les investissements pour les élèves de ces filières. Ainsi, 74% des des jeunes de 25 à 34 ans ayant suivi un cursus professionnel ont un emploi, contre 79% en moyenne pour les pays européens. Ce taux d'emploi atteint même 85% au Royaume-Uni et 86% en Allemagne, rapporte l'OCDE.
Pourtant, la France, comme "beaucoup de pays européens et de pays de l'OCDE", dépense davantage pour les jeunes en voie professionnelle. Les dépenses annuelles par élève de filière professionnelle s'élèvent à 12 370 euros, contre 11 200 euros pour un élève de filière générale, poursuit l'organisation.
5Un risque de dépression qui recule avec le niveau de formation

Dans son rapport, l'OCDE note également le rôle que peut jouer l'éducation contre les risques de dépression. L'organisation, qui s'appuie sur une vaste étude de santé menée en 2014, explique en effet que les individus plus diplômés affichent "des taux moindres de morbidité et une plus longue espérance de vie", et que "les systèmes d'éducation peuvent aussi contribuer à réduire la dépression." Un niveau plus élevé d'éducation permet, dans l'ensemble, d'être "mieux loti sur le marché du travail", ce qui réduit sensiblement "la prévalence de l'anxiété et de la dépression".
Ces résultats se confirment en France, où la part de dépressifs s'élève à 12% parmi les personnes n'ayant pas le baccalauréat, contre 6% pour les diplômés de l'enseignement supérieur. Soit, entre ces deux niveaux d'éducation, une différence du simple au double.
AFP

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