Brésil : l’ex-président Bolsonaro entame ses 27 ans de réclusion après sa condamnation pour tentative de coup d’État

26 - Novembre - 2025

L'ex-président brésilien Jair Bolsonaro a commencé mardi 25 novembre à purger sa peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'État contre son rival et actuel chef d’État Luiz Inacio Lula da Silva, après l'épuisement de tous ses recours. La Cour suprême a annoncé qu’il purgera sa peine en prison ferme, où il a été transféré samedi 22 novembre, après avoir tenté de brûler son bracelet électronique, et non pas à sa résidence, comme l'avait réclamé sa défense.

Alors qu’il attendait la confirmation de sa peine en résidence surveillée, l'ancien dirigeant d'extrême droite (2019-2022) a été placé en détention provisoire samedi pour « risque élevé de fuite » après avoir tenté de brûler son bracelet électronique. Pour purger sa peine, l’homme de 70 ans va demeurer dans le même complexe de la police fédérale de Brasilia où il se trouve depuis ce week-end, selon un ordre judiciaire émis mardi par le juge Alexandre de Moraes, chargé du dossier.

En septembre, la Cour suprême l'a déclaré coupable d'avoir été le chef d'une « organisation criminelle » ayant conspiré pour assurer son « maintien autoritaire au pouvoir » après la victoire du président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, lors du scrutin d'octobre 2022.

Selon l'accusation, ce projet de coup d'État, qui prévoyait jusqu'à l'assassinat de Lula, n'a pas été concrétisé en raison du manque de soutien du haut commandement militaire. Il prévoyait également l’assassinat du colistier de Lula, Geraldo Alckmin, ainsi que le juge de la Cour suprême et bête noire de l’extrême droite, Alexandre de Moraes.

L'appel des avocats de Jair Bolsonaro a été rejeté formellement à la mi-novembre.

Selon le juge Alexandre de Moraes, l’ancien chef d’État a tenté samedi, peu après minuit, de brûler son bracelet électronique dans l'espoir de s'échapper. Cela à la faveur d'une manifestation prévue par ses partisans près de son domicile dans la capitale.

La défense de Jair Bolsonaro a décrit un « état de confusion mentale » dû à la prise de médicaments, et lui-même a invoqué la « curiosité », avant de plaider un moment de « paranoïa » provoqué par ces traitements.

« Il est indigné (...) face à la persécution dont il fait l'objet. S'il lui arrive quelque chose, on sait qui est responsable », a déclaré mardi matin son fils aîné, le sénateur Flavio Bolsonaro, après avoir rendu visite à son père dans les locaux de la police. « C'est d'une grande cruauté, il y a un grand risque pour sa santé, pour sa vie », a-t-il ajouté.

Son frère cadet, Carlos Bolsonaro, qui a également rendu visite à l'ex-président, a affirmé que ce dernier « mange peu » et que sa « santé mentale s'est détériorée ».

Jair Bolsonaro a été diagnostiqué récemment d'un cancer de la peau et il souffre des séquelles d'un attentat à l'arme blanche subi en 2018, ce qui lui a valu plusieurs opérations et des crises de hoquet sévères.

Le cas le plus récent d'un ancien président incarcéré est celui de Fernando Collor (1990-1992). En mai, la Cour suprême lui a octroyé le droit de purger à domicile sa peine de plus de huit ans de réclusion pour corruption, pour des raisons de santé. Il avait auparavant passé quelques jours dans une prison de son État natal d'Alagoas (Nord-Est).

Les avocats de Jair Bolsonaro ont demandé que l'ex-président d'extrême droite bénéficie du même traitement, en raison de sa santé fragile.

La situation judiciaire de Jair Bolsonaro laisse son camp sans champion désigné pour la présidentielle de 2026, alors que le champion de la gauche a déjà dit qu'il briguerait un quatrième mandat.

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