Ce que l'on sait de la mort d'Alex Pretti, l'infirmier américain tué par la police de l'immigration à Minneapolis

25 - Janvier - 2026

Un peu plus de deux semaines après la mort de Renee Good, un second citoyen américain opposé aux opérations de la police de l'immigration a été tué par des agents fédéraux à Minneapolis, la plus grande ville de l'Etat du Minnesota, samedi 24 janvier. Alex Pretti, 37 ans, a été tué par balles en pleine rue par des membres de la police aux frontières. Une scène filmée par plusieurs témoins, qui risque d'attiser plus encore les tensions autour de la vaste opération d'arrestation d'étrangers menée depuis décembre dans cet Etat démocrate à la demande de l'administration de Donald Trump, notamment par l'ICE, la police de l'immigration.

A l'annonce de la mort d'Alex Pretti, les autorités fédérales américaines ont rapidement assuré qu'il était armé et dangereux. Alors que des agents de la Border Patrol menaient une opération contre un étranger en situation irrégulière, "un individu s'est approché [d'eux] avec un pistolet 9 mm semi-automatique", a affirmé le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sur X. Selon ce message, les policiers "ont tenté de désarmer le suspect, qui a "violemment résisté", avant qu'un agent "craignant pour sa vie" n'ouvre le feu, le touchant mortellement, affirme le DHS sans plus de détails. Un communiqué accompagné d'une photo présentée comme celle de l'arme que portait la victime.

"Cela ressemble à une situation dans laquelle un individu voulait faire un maximum de dégâts et massacrer des forces de l'ordre", commente le ministère dans son communiqué. "Il était là pour se livrer à la violence", a déclaré à la presse la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, tandis que le conseiller de la Maison Blanche Stephen Miller a qualifié Alex Pretti d'"assassin", dans un message relayé par le vice-président J.D. Vance. Une version réfutée par ses parents, qui accusent l'administration Trump de répandre "des mensonges écœurants sur leur fils".

Plusieurs vidéos de la scène ont été diffusées sur les réseaux sociaux, dont une a été authentifiée par les autorités. Elles montrent plusieurs agents avec des gilets siglés "police" lutter pour amener la victime au sol, avant de la frapper plusieurs fois. Un tir résonne, les agents s'écartent de l'homme allongé dans la rue, et tirent à plusieurs reprises sur lui. "Ils l'ont tué", s'exclame alors une personne.

Une analyse de ces images par le média d'investigation Bellingcat(Nouvelle fenêtre) vient contredire la version des autorités. "Quelques instants avant que le premier coup ne soit tiré", on y voit l'un des agents s'éloigner avec un pistolet semblable à l'arme photographiée par le DHS. Ensuite, "deux agents différents tirent manifestement avec leurs armes et au moins dix coups sont tirés au total", poursuit Bellingcat, "la plupart" alors que "l'homme était déjà allongé au sol immobile". Une version également soutenue par The New York Times(Nouvelle fenêtre), qui souligne que les vidéos analysées montrent qu'Alex Pretti n'avait pas sorti son arme, et suggèrent que les agents ont découvert qu'il était armé alors qu'il était déjà plaqué au sol.

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