Exploitation pétrolière : le gouvernement réfute les chiffres avancés sur les revenus tirés du champ de Sangomar

05 - Août - 2026

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines rejette les affirmations selon lesquelles le Sénégal ne percevrait qu’une infime part des revenus issus de l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar. Dans une mise au point, il rappelle les mécanismes de partage prévus par le contrat de production et détaille les différentes sources de recettes de l’État.

Les affirmations récentes selon lesquelles le Sénégal ne percevrait que « 25 francs sur 1.000.000 de francs de pétrole vendu » reposent sur une interprétation erronée des mécanismes de partage des revenus issus du champ de Sangomar. D’après un document de mise au point du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, « cette lecture procède d’une confusion entre les recettes brutes générées par la vente du pétrole, les coûts récupérables liés au développement du projet et le mécanisme de partage de la production prévu par le Contrat de recherche et de partage de production (Crpp) ».

La source indique « qu’au premier trimestre 2026, le champ de Sangomar a produit 8.963.359 barils de pétrole, représentant une valeur brute estimée à 759,2 millions de dollars (soit 437.100 milliards de FCfa : Ndlr). Sur ce volume, l’État du Sénégal a directement reçu 437.839 barils, soit une valeur évaluée à environ 21,37 milliards de FCfa. Le ministère souligne toutefois que cette allocation directe ne constitue qu’une partie des revenus publics issus du projet. D’après la note, « elle n’intègre ni la participation économique de Petrosen, fixée à 18 %, ni les impôts, taxes, droits et autres prélèvements versés au Trésor ».

Par ailleurs, le document rappelle que « les volumes attribués aux partenaires ne correspondent pas automatiquement à des bénéfices ». Une partie de la production est, en effet, « consacrée à la récupération des coûts pétroliers admissibles engagés pour la recherche, le développement, l’exploitation et la maintenance » du gisement. Ces dépenses couvrent particulièrement les investissements initiaux, l’exploitation des installations, la maintenance, les opérations techniques, les contrats de sous-traitance…

« Ce n’est qu’après cette phase de récupération des coûts, dans les limites fixées par le contrat, que le pétrole restant, désigné sous le terme de « profit oil », est réparti entre l’État et les partenaires, conformément aux dispositions du Crpp », précise encore la source.

Le ministère s’appuie également sur le rapport trimestriel de Woodside, qui attribue la quote-part nette temporairement déclarée par l’opérateur à la récupération accélérée de dépenses engagées avant la décision finale d’investissement. D’après le document, cette situation ne reflète donc ni la répartition définitive des bénéfices du projet ni la part globale revenant au Sénégal.

Au regard de ces éléments, le ministère estime que les chiffres avancés dans le débat public ne reposent sur « aucune donnée économique, contractuelle ou comptable » relative au projet Sangomar. Ils ne traduiraient ni les volumes effectivement perçus par l’État ni l’ensemble des revenus publics générés par l’exploitation du champ.

De plus, le département en charge de l’Énergie appelle à davantage de « rigueur » et de « prudence » dans la diffusion d’informations relatives aux ressources pétrolières et gazières du pays. Il réaffirme, selon la note, son engagement à assurer une information « fiable, transparente et documentée » et se dit disposé à apporter toute clarification par ses canaux officiels.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

26 - Mai - 2026

FRANCE : LES ELUS LOCAUX FRANCO-SENEGALAIS ET L’AMBASSADEUR S’ALLIENT POUR LE DEVELOPPEMENT DES TERRITOIRES

L’initiative de l’ambassadeur du Sénégal en France a été unanimement saluée par l’assistance. Vendredi 22 mai dernier, Baye Moctar Diop a...

25 - Mai - 2026

Détroit d'Ormuz: l'Iran dit imposer des frais pour "services de navigation"

L’Iran a affirmé lundi imposer des frais pour des « services de navigation », plutôt que des péages, aux navires transitant par le stratégique...

22 - Mai - 2026

Cybermenaces : Cheikh Diba rassure sur la résilience des systèmes et annonce le paiement imminent des salaires

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, s’est voulu rassurant ce vendredi face aux députés lors de la séance des questions d’actualité au...

22 - Mai - 2026

Hydrocarbures : 380 milliards de FCFA de subventions contre 665 milliards de taxes notés en 2025

L’État du Sénégal a subventionné, en 2025, les hydrocarbures à hauteur de 380 milliards et a taxé le secteur pour 665 milliards de francs CFA. Les...

21 - Mai - 2026

Difficultés financières du Sénégal : ce que Macron a promis à Diomaye Faye

Depuis près de deux années, le gouvernement en place au Sénégal se débat dans les difficultés induites par l’affaire de la dette cachée. Les...