Gambie: création d'une association pour les victimes du régime Jammeh

01 - Avril - 2017

Une association pour les victimes de la dictature de l’ancien président Yahya Jammeh vient d’être créée à Banjul. Leur réunion de présentation a eu lieu ce jeudi 30 mars. Le Comité pour les victimes des atrocités de Jammeh regroupe des proches ayant perdu un frère, une mère, un mari. Réunis derrière le slogan « #Gambia Justice must prevail ! », ils souhaitent aujourd’hui mettre la pression sur le nouveau gouvernement d’Adama Barrow, pour obtenir justice.

Dans la salle, chacun a une histoire à raconter. Abdoulie Bojang, par exemple, est venu avec une photo de son fils de 18 ans, Lamine, tué lors d’une manifestation d’étudiants en 2000 par les forces de l’ancien régime.

« Voici Lamine, c’est la photo de mon fils décédé. Les tueurs ont condamné mon fils, ils lui ont confisqué le droit de vivre… Oui, je ressens beaucoup de colère contre eux, quand je vois ses anciens camarades qui aujourd’hui sont vivants et travaillent dans des banques, ou font du business. »

Comme lui, ils sont une cinquantaine à réclamer justice. Ils ont rédigé une liste de 12 demandes qu’ils souhaitent remettre au nouveau gouvernement.

« On a attendu assez longtemps »

Ousainou Mbenga est l’un des Gambiens à l’origine de ce comité : « On a attendu assez longtemps. Maintenant tout le monde clame que c’est la "Nouvelle Gambie". Mais s’ils sont sincères à propos de cette "Nouvelle Gambie", toutes les atrocités commises par Jammeh doivent être jugées. On doit aller plus loin qu’on ne le fait maintenant, car on a à peine gratté la surface de tout ce que Jammeh a fait subir à notre peuple ces 22 dernières années. »

Et certains sont même venus de loin dans cette quête de justice. Olay Jabbi est américano-gambienne. Son frère est retourné en Gambie, en 2013, et depuis elle ne l’a jamais revu. Olay vient tout juste d’apprendre qu’il a été l’une des victimes du régime de Jammeh.

« La raison pour laquelle on a décidé de former cette sorte de groupe de pression, c’est parce que on sait qu’individuellement, ça ne sert à rien. Alors qu’on peut se regrouper, parler d’une seule voix, et nous serons beaucoup plus forts. »

L’association attend beaucoup des premiers procès contre les proches de Yahya Jammeh qui devraient bientôt s’ouvrir. Et espère que beaucoup d’autres suivront ensuite.

rfi

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

10 - Février - 2026

« Je ne suis pas...» : Pape Cheikh Diallo fond en larmes devant le juge

Placés sous mandat de dépôt, conformément aux réquisitions du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de...

10 - Février - 2026

Ucad : Le campus social sera fermé à partir de 12h jusqu'à nouvel ordre

On vient d'apprendre que le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar sera fermé ce mardi à partir de 12 heures « jusqu’à nouvel...

10 - Février - 2026

Chaos à l'Ucad : Me Bamba Cissé et trois autres ministres face à la presse cet après-midi

Le gouvernement du Sénégal tiendra un point de presse ce mardi à 16h30 à la Primature, à la suite du drame survenu la veille à l’Université...

10 - Février - 2026

Violences à l'Ucad : 105 étudiants interpellés, plusieurs blessés parmi eux

La journée du lundi 9 février restera une autre date noire pour l'enseignement supérieur sénégalais. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième...

09 - Février - 2026

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : les détails de l'enquête sur le réseau de transmission volontaire du VIH

La Brigade de recherches de Keur Massar a démantelé un réseau impliquant douze individus, dont des personnalités publiques. Entre confessions explosives et preuves...