Gambie/ ‘’J’ai formé Yahya Jammeh dans la gendarmerie. Il était un soldat indiscipliné et un comploteur permanent’’ (Ebrima Chongan ex-responsable de la police)

08 - Janvier - 2019

La Commission vérité et réconciliation de Gambie, chargée d’enquêter sur les crimes commis pendant les 22 ans du régime de l’ex-président Yahya Jammeh, a entamé lundi ses auditions, deux ans après le départ du pouvoir de M. Jammeh.

La Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), lancée en octobre et formée de 11 membres, a auditionné son premier témoin, Ebrima Chongan, un responsable de la police pendant le coup d’Etat ayant porté au pouvoir M. Jammeh en 1994.

“Je connais très bien Yahya Jammeh. Je l’ai formé dans la gendarmerie. Il était un soldat indiscipliné et un comploteur permanent. Il prenait de l’alcool”, a déclaré M. Chongan.

Il a affirmé avoir été arrêté après le coup d’Etat de M. Jammeh avec un autre responsable de la police, Pa Sallah Jagne, et emprisonné dans la banlieue de Banjul.

Après l’arrestation au quartier général de la police à Banjul par des soldats, “nous avons été emmenés à la prison Mile (Two, dans la capitale) où nous avons été confinés à l’isolement”, a dit M. Chongan. La cellule où ils ont été détenus était, selon lui, infestée de rats et de la mauvaise nourriture leur était servie. “La junte nous a qualifiés de menace pour la sécurité nationale”, a t-il poursuivi.

Instituée par une loi en décembre 2017, la TRRC dispose de pouvoirs d’enquête et pourra, au terme de ses travaux dans deux ans, recommander des poursuites ou des réparations.

Présidée par un ancien diplomate auprès des Nations unies, Lamin Sise, la Commission comprend quatre femmes, dont la vice-présidente, Adelaide Sosseh, et représente l’ensemble des communautés ethniques et religieuses du pays.

“Le début des auditions de la Commission est un important premier pas vers la garantie de justice, de vérité et de réparations en Gambie et montre un fort engagement du gouvernement de rompre avec un passé fait de systématiques violations des droits humains”, a déclaré lundi la directrice d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Evelyne Petrus Barry, dans un communiqué.

Parvenu au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994, Yahya Jammeh s’était fait largement élire et réélire sans interruption jusqu’à sa défaite en décembre 2016 face Adama Barrow, candidat de l’opposition.

Après six semaines d’une crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement dû quitter le pays le 21 janvier 2017 pour la Guinée équatoriale à la suite d’une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

Les défenseurs des droits de l’homme accusaient le régime Jammeh d’actes systématiques de torture contre des opposants et des journalistes, d’exécutions extra-judiciaires, détentions arbitraires et disparitions forcées.

AFP

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

03 - Mars - 2026

Extradition vers le Sénégal : Mauvaise nouvelle pour Madiambal Diagne

La Cour d’appel de Versailles de Paris a rendu, ce mardi 03 mars, son délibéré concernant la demande d’extradition au Sénégal du journaliste et homme...

03 - Mars - 2026

Les États-Unis demandent leurs ressortissants de quitter le Moyen-Orient

Le département d'État américain a lancé un appel urgent à ses ressortissants pour qu'ils quittent immédiatement plus d'une douzaine de pays du...

03 - Mars - 2026

Bases américaines, camp kurde et port omanais : l’Iran intensifie ses frappes dans le Golfe

Les Gardiens de la révolution ont annoncé, mardi matin, avoir mené une « une attaque à grande échelle » à l'aide de drones et de missiles...

03 - Mars - 2026

Stabilité sociale : le gouvernement valide ses engagements un an après le Pacte du 1er mai

Le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID) entre dans une phase de concrétisation majeure. Près d'un an après sa...

03 - Mars - 2026

"Extradition partielle" de Madiambal est une demi-victoire, selon son avocat qui annonce un pourvoi en cassation

La Cour de Versailles de Paris s’est dit favorable, ce mardi 03 mars, à l’«extradition partielle» au Sénégal du journaliste et homme d’affaires...