Gambie: marche inédite en mémoire des victimes des 10 et 11 avril 2000

11 - Avril - 2017
Il y a 17 ans jour pour jour, 14 personnes, des étudiants pour la plupart, étaient tuées lors d'une manifestation près de Banjul. Ils protestaient contre la mort d'un jeune lycéen tué par des pompiers de Brikama et le viol présumé d'une fillette par les forces de sécurité, sans qu'aucun responsable ne soit jugé. Les 10 et 11 avril 2000 restent des dates douloureuses pour les familles des victimes. Mais lundi 10 avril, elles ont pu enfin commémorer cette date publiquement.
 
Pendant 17 ans, il aura fallu garder le silence. Impossible sous le régime de Yahya Jammeh d'organiser une telle manifestation. Mais aujourd'hui, Chune Mbye et d'autres parents qui ont perdu leur enfant en 2000 peuvent enfin s'exprimer. « Du temps de Jammeh, ceux qui le contredisaient un peu trop pouvaient être éliminés. Mais je n'ai jamais oublié mon fils, raconte le père d’une victime. Et lorsque le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir, nous avons su que c'était notre chance pour que justice soit faite. A partir d'aujourd'hui, on pourra commémorer et apprendre à tous ce qui s'est passé. »
 
Un devoir de mémoire essentiel, puisque les étudiants actuels de l'école d'où est partie la manifestation n'ont jamais entendu parler de cet événement. « C'est juste aujourd'hui, quand je suis arrivé, je les ai vus mettre les tee-shirts, parler de justice, et commémorer cette date », témoigne l’un d’eux.
 
Dans le cortège, des écoliers ont été conviés à marcher aux côtés des proches de victimes. Le ministre de la Jeunesse fait aussi une apparition. Youssoufa Mbye défile en fauteuil roulant, il a perdu l'usage de ses jambes depuis la manifestation. « Je courrais et on m'a tiré dans le dos, se souvient-il. Aujourd'hui je suis triste, parce que ça restera à jamais dans ma tête, j'en rêve très souvent. Je suis en colère car ils ont détruit ma vie. »
 
Abdou Karim Jammeh aussi est ému. Il avait 20 ans à l'époque et a lui aussi été blessé : « Quand je suis arrivé ici aujourd'hui, j'ai presque pleuré. On peut respirer un peu, c'est vraiment un jour historique. C'est un jour très très spécial pour nous. »
 
Les manifestants espèrent désormais que le gouvernement rouvre le dossier pour que les coupables soient enfin jugés. RFI
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