Inondations à Dakar : Les vraies causes identifiées

08 - Octobre - 2026

Les inondations récurrentes à Dakar ne sont pas seulement liées à l’intensité des pluies. Géographe-urbaniste et présidente de la cellule des femmes du Club de réflexion sur l’urbain (CRU), Anta Gueye Sarr met en avant plusieurs facteurs, notamment « une urbanisation non maîtrisée », « une occupation des zones à risque », « une imperméabilisation des sols » et « une insuffisance des ouvrages de drainage ». Dans un entretien accordé à L’Observateur, elle estime que les transformations urbaines ont fortement réduit la capacité du territoire à absorber et à évacuer les eaux.

La spécialiste souligne également l’importance de la nappe phréatique dans la persistance des inondations. À Dakar, celle-ci est « peu profonde voire affleurante ». Lorsque le sous-sol est déjà saturé, les eaux de pluie ne peuvent plus s’y infiltrer. Certaines zones peuvent ainsi rester inondées « plusieurs semaines voire mois après la fin de l’hivernage ». Anta Gueye Sarr affirme que « la non-exploitation des forages de Thiaroye a entraîné une remontée de la nappe et provoqué des inondations dans la banlieue dakaroise ». Pour en limiter les effets, « la SONES est obligée de procéder au rabattement de la nappe ».

Lorsqu’elle hiérarchise les causes du phénomène, la géographe-urbaniste place en tête « une urbanisation non maîtrisée » et « une occupation des zones à risque ». Elle cite ensuite « une imperméabilisation des sols » et « une insuffisance des ouvrages de drainage », avant d’évoquer « une topographie relativement plane », « une nappe affleurante », « une intensité des pluies » et « une variabilité climatique ». À ses yeux, « les facteurs anthropiques expliquent la gravité des inondations ».

Pour réduire durablement le phénomène, Anta Gueye Sarr estime qu’« il faudrait juste donner une place importante à la planification urbaine ». Elle recommande notamment d’« interdire les constructions dans les zones à risques », de « faire respecter les plans d’occupation des sols », de « préserver et restaurer les espaces de rétention naturelle des eaux », de « renforcer les systèmes de drainage » et de « réduire l’imperméabilisation ». Elle préconise également de « repenser l’aménagement de la région en développant des pôles urbains extra-muros pour réduire la pression foncière sur les zones vulnérables ».

L'interlocutrice du quotidien du Groupe futurs médias rappelle toutefois que « le risque zéro n’existe pas en gestion des inondations » et qu’« aucune ville ne peut éradiquer les inondations ». Elle estime néanmoins que « grâce à une politique intégrée, le risque peut être réduit de manière considérable ». Pour elle, « une gestion durable des inondations passe autant par un aménagement urbain adapté que par les infrastructures d’assainissement ». Son principe tient en une formule : « L’aménagement doit précéder l’urbanisation et non le contraire. »

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

28 - Septembre - 2026

Reug Reug jure ne pas savoir que le carton qu'il a remis à son oncle contenait des billets noirs

Reug Reug et ses deux complices présumés, son oncle A. B. Ndiaye et le nommé D. Faye, filent droit vers l’instruction. Seneweb qui donne l’information,...

28 - Septembre - 2026

Commémoration du drame du « Joola » à Ziguinchor : Un décret présidentiel annoncé pour institutionnaliser le musée-mémorial

À l'occasion du 24ᵉ anniversaire du naufrage du bateau Le Joola, la cérémonie de commémoration organisée à Ziguinchor a été marquée...

28 - Septembre - 2026

Enquête internationale sur un présumé trafic : le PNC d’Air Sénégal débarqué de la ligne Dakar-Paris

La Direction générale d’Air Sénégal fait face à une enquête internationale portant sur un présumé trafic de marchandises impliquant des...

27 - Septembre - 2026

LE JOOLA, ”UNE PART DE NOTRE CONSCIENCE NATIONALE”, SELON LE PREMIER MINISTRE

Le naufrage du bateau ”Le Joola” est une part de notre conscience nationale que l’Etat ne peut pas effacer, a indiqué le Premier ministre, Mouhamed Al Aminou Lô,...

27 - Septembre - 2026

DRAME DU JOOLA: 26 SEPTEMBRE 2002 – 26 SEPTEMBRE 2026

24 ans après, la Casamance et le Sénégal se souviennent du Joola Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002, le bateau Le Joola, qui reliait Ziguinchor à Dakar,...