Le sens profond de l’Appel de Seydina Limamou Laye

19 - Janvier - 2026

La vie d’un homme porteur d’un message spirituel majeur n’est jamais exempte d’épreuves. Celle de Seydina Limamou Laye en témoigne avec force. À travers son parcours, c’est surtout le sens de l’Appel qu’il lance en 1883 à Yoff qui continue d’interroger et de rassembler, plus d’un siècle après sa proclamation.

Pour les Layènes, Seydina Limamou Laye incarne le Mahdi annoncé, messager de Dieu venu rappeler les fondements de la foi islamique dans un contexte marqué par l’attachement aux traditions ancestrales et les bouleversements de la période coloniale.

Son Appel constitue une invitation exigeante à revenir à l’unicité de Dieu, à rompre avec l’idolâtrie et à adopter une conduite fondée sur la droiture, la patience et la piété. Né en 1843 à Yoff-Tonghor sous le nom de Limamou Thiaw, fils d’Alassane Thiaw et de Coumba Ndoye, il grandit dans la discrétion. Pêcheur et agriculteur, illettré à l’image du Prophète Mouhamad (Psl), il se distingue très tôt par sa moralité, son sens du partage et sa ferveur religieuse.

Rien, en apparence, ne le prédestine à bouleverser l’ordre établi. Le tournant survient en 1883, à l’âge de 40 ans, après le décès de sa mère. Après trois jours de retrait et de silence, il apparaît vêtu de blanc et proclame son Appel dans les ruelles de Yoff, invitant ses concitoyens à répondre à Dieu.

Ce message, porté avec constance et conviction, suscite incompréhension et rejet. On l’accuse de folie, de possession, de transgression des coutumes. Pourtant, Limamou persévère. Le sens de l’Appel se précise alors dans l’épreuve. Emprisonné trois mois à Gorée, surveillé par l’administration coloniale, contesté par les chefs coutumiers, Seydina Limamou Laye ne renonce pas.

Il affirme, par son attitude et son discours, que la foi ne se négocie pas et que la mission divine prime sur toute considération sociale ou politique. Progressivement, l’Appel trouve un écho. Des membres de sa famille, puis des érudits et notables reconnus, adhèrent à son message.

Les guérisons et les actes spirituels qui lui sont attribués renforcent la conviction de ses disciples. Son combat contre les cultes des « Rab » (esprits surnaturels) traduit une volonté claire de purifier la foi et de recentrer la pratique religieuse sur l’adoration exclusive de Dieu. Avant sa disparition en 1909, Seydina Limamou Laye lègue le Sermon, socle doctrinal de l’Appel, dicté en wolof et transcrit en arabe par ses disciples. Aujourd’hui encore, ce message demeure vivant.

Chahuté hier, l’Appel continue de mobiliser, aujourd’hui, des milliers de fidèles, rappelant que sa finalité essentielle reste inchangée : inviter l’homme à la foi sincère, à la droiture et à l’espérance.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités


11 - Avril - 2025

Le journaliste Capain Bassène suspend sa grève de la faim n'abdique pas

René Capain Bassène a mis un terme à sa grève de la faim ce jeudi, à la suite d’une rencontre décisive avec l’évêque de...

11 - Avril - 2025

L'état de santé de Samuel Sarr en prison inquiéte : Après quatre évacuations, la justice demande une expertise médicale

Mis en prison depuis octobre dernier pour abus de biens sociaux portant sur 8 milliards de francs Cfa, Samuel Sarr, ancien directeur général de West African Energy (Wae), voit son...

11 - Avril - 2025

Qui est Mamadou Badio Camara, l'homme qui a sauvé le Sénégal qui filait inéluctablement vers une crise politique sans précédent l'année dernière

Ce jeudi 10 avril 2025, le Sénégal a perdu une figure éminente de son paysage judiciaire avec le décès de Mamadou Badio Camara, président du Conseil...

11 - Avril - 2025

1000 travailleurs saisonniers sénégalais pourraient rejoindre l’Espagne avant fin 2025

La deuxième édition du colloque international sur les migrations s’est ouverte, hier, à Dakar. Lors de de la cérémonie d’ouverture, le...