Les extraditions de Madiambal et Doro sont "hautement improbables", selon Me Djibril War

24 - Décembre - 2025

Les procédures d’extradition visant le journaliste Madiambal Diagne et l’homme d’affaires Doro Gaye ont peu de chances d’aboutir. C’est l’analyse livrée par Me Djibril War dans une tribune relayée par Vox Populi, où l’avocat et ancien député se montre catégorique sur l’issue de ces dossiers sensibles.

Dans ce texte au titre évocateur, Me War revient longuement sur ce qu’il décrit comme un véritable bras de fer diplomatique entre Paris et Dakar, illustré par les échanges épistolaires entre l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, et la ministre sénégalaise de la Justice, Yacine Fall. À ses yeux, le report sans date du délibéré par la justice française constitue un signal fort, laissant présager une fin de non-recevoir aux requêtes formulées par les autorités sénégalaises.

Le directeur de l’école du parti de l’APR estime que la France, en tant qu’État attaché au respect strict des droits humains et des garanties judiciaires, ne saurait accéder à une extradition vers un système où des prévenus peuvent rester détenus pendant de longs mois sans être jugés sur le fond. Un argument central qui, selon lui, pèse lourdement dans l’appréciation des juridictions françaises.

Allant plus loin, Me Djibril War invite les avocats de Madiambal Diagne et de Doro Gaye à explorer une voie procédurale précise : saisir la Chambre d’accusation de Versailles afin qu’une mission d’inspection soit diligentée dans les établissements pénitentiaires sénégalais. L’objectif serait de faire constater, sur place, des conditions de détention qu’il qualifie de « dégradantes et inhumaines », conséquence directe d’une surpopulation carcérale chronique, malgré l’engagement et le professionnalisme d’agents pénitentiaires confrontés à un manque criant de moyens, souligne-t-il.

Au terme de son analyse, Me War conclut que les risques d’acharnement judiciaire, combinés à des conditions de détention incompatibles avec les engagements internationaux de la France, rendent toute extradition non seulement juridiquement fragile, mais aussi moralement inconcevable. Une position tranchée qui alimente un débat déjà très suivi, à la croisée du droit, de la diplomatie et des relations franco-sénégalaises, rapporte Vox Populi.

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