LES POPULATIONS DU VILLAGE DE FANGHOTTE REVENUES AU BERCAIL ACCUSENT LE GOUVERNEMENT SENEGALAIS D’AVOIR ABANDONNE LA RECONSTRUCTION DE LA CASAMANCE AUX ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES

10 - Juillet - 2018

Après plusieurs années d’errements à l’exil à cause du conflit casamançais, les populations du village de Fanghotte, situé à une quinzaine de kilomètres, à l’est de Ziguinchor, sont de retour au bercail. Ce village, connu naguère, pour la surproduction en riz, a été complétement rayé de la carte pendant des années durant. Mais ne voulant pas se résigner, certains de ses ressortissants se sont durant des années battu pour la renaissance de la localité et ainsi permettre aux populations de revenir. Certes le processus a pris du temps, mais désormais c’est chose faite; les populations sont de retour, du moins une bonne partie. Maintenant le problème qui se pose, c’est la reconstruction du village où tout a été détruit. Pour ce faire, les populations font face à toutes sortes de difficultés. En fait jusque-là, seules des organisations non gouvernementales et particulièrement le CICR et de Self For Life qui ont essayé de les accompagner en leur octroyant quelques moyens leur permettant de couvrir les maisons qu’elles ont reconstruites. D’où ce vibrant appel, lancé ce week-end par ces populations qui demandent au gouvernement de reprendre en main la reconstruction de la Casamance qui, selon elles, a été abandonnée aux organisations non gouvernementales. Chose qui permettrait de faire renaitre des villages comme Fanghotte, mentionnent-elles.

‘’La reconstruction des villages de la Casamance, c’est la réhabilitation des infrastructures sociales de base. Notre terroir a tout perdu, donc nous lançons un appel aux autorités étatiques pour reprendre en main la reconstruction de la Casamance qu’elles ont fini de laisser aux organismes et organisations non gouvernementaux. Aujourd’hui l’ANRAC (Agence nationale pour la relance des activités économiques en Casamance) qui était instituée pour la reconstruction des villages et l’accompagnement des populations est en train de mourir tranquillement. Signalons que le retour des populations ne fait que commencer, donc l’accroissement des programmes doit nécessairement suivre. Ainsi nous demandons l’élargissement des zones d’intervention du PUDC (Programme d’urgence de développement communautaire) à tous les villages touchés par le conflit. A cet effet, ces localités se verront dotés d’infrastructures modernes et adéquates: pistes de production, connexion au réseau électrique et adduction en eau potable’’ a indiqué Daouda Diédhiou, le président de l’Association de la renaissance et le développement de Fanghotte.

Daouda Diédhiou ne demande ni plus ni moins que la reconstruction entière de son village tel qu’il était avant l’exil forcé de ses habitants et ensuite le doter d’infrastructures modernes.

‘’Les populations de Fanghotte, pour retrouver leur plein épanouissement et œuvrer pour le développement de leur terroir, ont besoin de réhabiliter tout ce dont elles ont perdu suite à leur exil forcé. C’est ainsi que nous réclamons la réouverture de l’école élémentaire pour sécuriser nos enfants qui bravent tous les jours une longue distance et l’insécurité pour aller étudier à Niaguis (chef-lieu de leur commune rurale). Aussi pour être en phase avec le modernisme, nous sollicitons d’abord la construction de la route Niaguis-Babadinka en passant par Fanghotte et Pouboul, l’adduction en eau pour faciliter l’approvisionnement du liquide précieux aux populations pour les besoins domestiques et agricoles et le branchement au réseau électrique qui nous permettrait de bénéficier des commodités de la vie moderne.

Nous sollicitons également, en tant que paysans, la mise en place d’un domaine agricole communautaire pour créer des emplois et ainsi contribuer à fixer les jeunes dans le village’’, a t-il confié.

Pour assurer l’autosuffisance en riz, il sollicite l’aide des autorités sénégalaises pour le réaménagement de la vallée du village, envahie par la langue salée et l’ensablement progressif qui ne favorisent pas une riziculture adéquate.

‘’Nous réitérons notre souhait de bénéficier de l’accompagnement du PPDC (Projet Pôle de développement de la Casamance) que nous avons invité plusieurs fois sans succès à venir visiter cette vallée qui jadis était très fertile’’, insiste t-il.

A noter le sujet lié à la gestion du foncier qui est souvent source de tension a été évoqué, lors de ce congrès par une enrichissante conférence publique, animée par l’éminent professeur et chercheur Elhadji Amadou Fall qui a apporté des éclairages sur l’acte III de la décentralisation qui est loin d’être compris par les populations.

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Mamadou Alpha Diallo (infos15.com)

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