MARSEILLE : L’IMPOSSIBLE ENTENTE ENTRE LE CONSUL ET LE VICE-CONSUL !

30 - Mars - 2018

A Marseille, c’est la guerre nucléaire entre Yandé Ndiaye et Antoine Mendy, respectivement consul et vice-consul de la juridiction. Ils ne se supportent plus, chacun travail de son côté. Une situation que nos compatriotes établis dans la zone dénoncent avec la dernière énergie.
Interpellé sur cette crise qui paralyse le bon fonctionnement du consulat, Antoine Mendy n’a pas perdu du temps pour charger sa patronne. « Je n’avais jamais voulu parler de cette situation par respect aux instructions données par le chef de l’Etat. Quand il a nommé Yandé Ndiaye, il m’a appelé et m’a parlé. Depuis j’ai essayé de la protéger, car elle venait d’arriver dans cette juridiction et que c’était la première fois qu’elle devait assurer de si hautes fonctions. En tout cas j’ai fait de mon mieux pour l’aider, mais ces derniers temps, la situation est devenue déplorable », a d’abord expliqué notre interlocuteur, manifestement très en colère.
« Aujourd’hui, je suis très touché et choqué par le comportement de Yandé. Depuis deux ans maintenant, il n’y a pas de plan d’action dans cette juridiction. Aucune visite de proximité, on ne rencontre plus les Sénégalais pour s’enquérir de leurs préoccupations, je ne parlerai pas des visites en prison. C’est moi qui assistais aux levées de corps, mais depuis qu’elle a tout bloqué, je ne peux plus rien faire. En effet, je ne reçois plus de note d’information, les véhicules sont exclusivement à sa disposition. Pire, elle se permet même de nommer un deuxième conseiller. C’est ce dernier qui assure maintenant l’intérim. » En clair, Antoine Mendy se dit ostracisé au consulat par Yandé Ndiaye.
« Ce sont malheureusement les Sénégalais qui sont les principales victimes du comportement de Yandé. Il y a rétention de l’information au niveau de la commission administrative. Pire, elle a catégoriquement refusé d’organiser des sorties pour la commission administrative au motif qu’elle est endettée.En fait Yandé ne travaille que pour son association et pour sa localité, à Kaolack. Pour elle, la diplomatie se résume à l’action humanitaire », fulmine notre interlocuteur, visiblement déterminé à défendre ses intérêts.
Invitée elle aussi à édifier l’opinion sur cette crise, Yandé Ndiaye a commencé par le sujet relatif aux voitures. « A part mon véhicule de fonction, le consulat n’en a pas un autre aujourd’hui. Tamsir Faye avait acheté un véhicule. Mais moins d’une semaine après, il a été volé. Il ne restait donc que le véhicule de fonction du consul et celui du vice-consul. Tony avait ensuite sollicité l’aide du président de la République pour avoir un véhicule neuf, car celui qu’il avait n’était pas en bon état, disait-il. (…)J’ai moi-même écrit au ministère (Affaires étrangères, ndlr) pour qu’on nous aide à avoir une autre voiture. Même l’ambassadeur est intervenu, mais jusqu’à présent nous n’avons rien obtenu », a-t-elle expliqué.
Se prononçant sur son refus supposé de ne pas envoyer la commission administrative dans les autres villes de la juridiction, elle dira : « Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu de budget pour la commission des inscriptions sur les listes électorales. J’ai dit que je ne peux pas demander au personnel d’aller en mission, car nous leur devons de l’argent depuis la campagne d’inscription sur les listes électorales précédant les législations. »
Quand on lui dit que le vice-consul estime être ostracisé, Yandé Ndiaye précise: « C’est lui-même qui refuse de prendre les notes de service. Avant, je tenais des réunions de coordination. Et lors d’une de ces rencontres , il m’a abreuvé d’injures et a demandé de ne plus recevoir les notes de service. J’ai l’enregistrement sonore. »
« Quand je lui demandais de me représenter à une cérémonie, il attendait au dernier moment pour me dire que ce ne serait plus possible. Tony ne peut donc pas assurer l’intérim », a-t-elle répondu à une question relative à la nomination du deuxième conseiller.
Yandé Ndiaye s’inscrit aussi en faux contre les accusations du vice-consul concernant les visites en prison. « J’ai visité des prisons à Grasse, mais à Marseille, nous avons écrit à plusieurs reprises pour avoir l’autorisation de visiter, mais en vain », a-t-elle dit.
Qu’à cela ne tienne, la crise au consulat du Sénégal ne doit pas perdurer. Il urge donc que les autorités compétentes prennent les mesures pour libérer nos compatriotes de la circonscription de Marseille. Car ils sont littéralement pris en otages par ceux qui ont pour mission de les servir.
Cheikh Sidou SYLLA

 

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