Procès de l'affaire des nourrissons morts : Ndella Madior Diouf et cie doivent attendre encore

24 - Mars - 2026

Ndella Madior Diouf et ses coaccusés devront encore prendre leur mal en patience avant d’être jugés. Leur dossier a été appelé, ce 24 mars 2026, devant la chambre criminelle du tribunal de Dakar. Toutefois, l’affaire a été renvoyée au 28 avril prochain pour l’ouverture des débats.

Dans cette procédure, Ndella Madior Diouf, Awa Mbaye, Fanta Cissokho, Fatou Sène, Sadio Keïta, Anta Sarr, Yacine Sow, Cheikh Tidiane Ndiaye, Djiby Sow, Koumah Diaham et El Hadj Sène sont poursuivis pour un chapelet de crimes : traite de personnes, exercice illégal de la médecine, privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger, obtention indue de certificats aux fins d’inhumation, violation de la réglementation relative aux inhumations, homicide involontaire, non-déclaration de naissance ainsi que complicité.

Les faits remontent au 28 décembre 2023, date à laquelle Ndella Madior Diouf avait été arrêtée puis placée sous mandat de dépôt. Quelques jours auparavant, la diffusion d’une vidéo devenue virale avait profondément choqué l’opinion publique. Les images montraient des nourrissons dans un état critique, certains présentant des signes avancés de malnutrition, ainsi que des corps particulièrement amaigris.

La vidéo avait suscité une vive indignation et déclenché une pétition réclamant la fermeture immédiate de la pouponnière « Keur Yeurmandé ». Selon les éléments de l’enquête, plus de cinq nourrissons ont perdu la vie, certains ayant été inhumés de manière clandestine.

À la suite du renvoi, les avocats de la défense, Mes Aboubacry Barro, Ousseynou Gaye, Youssoupha Camara, Djiby Diallo, Diène Ndiaye et El Hadji Amadou Sall, ont formulé à la barre une demande de mise en liberté provisoire. Me Barro a même proposé un placement sous bracelet électronique. Cependant, la requête a été rejetée par le juge, après l’opposition du ministère public. Le procureur de la République s’est dit en désaccord avec les arguments de la défense, notamment ceux relatifs à la garantie de représentation en justice, au trouble à l’ordre public et à la moralité. Il a ainsi requis le maintien en détention de Ndella Madior Diouf et de ses coaccusés.

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