Proposition Loi interprétative de PASTEF sur l’amnistie : une « farce » pour « protéger ses militants » et « sacrifier les autres », selon TAS

12 - Mars - 2025

Le député de l’opposition Thierno Alassane Sall monte au créneau pour dénoncer avec force la proposition de loi interprétative du parti PASTEF, qu’il qualifie sans détour de « farce » et d’outil de division. Dans une tribune incisive, il accuse PASTEF de vouloir protéger ses militants tout en exposant les forces de l’ordre à la rigueur de la justice, risquant ainsi d’obscurcir la loi d’amnistie de 2024. Pour lui, cette manœuvre politique met en péril l’unité nationale et l’équité judiciaire. Un appel vibrant à la conscience collective pour empêcher, dit-il, que cette « forfaiture » ne s’enracine. In extenso, la missive du parlementaire.

''Nous avons, enfin, pris connaissance de la proposition de loi interprétative de PASTEF. Disons-le tout de suite : nous avons affaire à des farceurs.

D’abord, il ressort de leur proposition de loi que la loi d’amnistie de 2024 reste entièrement en vigueur. Autrement dit, si le texte de PASTEF passe, les faits susceptibles d’être qualifiés de délits ou de crimes commis dans la période visée et ayant des motivations politiques ne pourront pas être connus par nos juridictions. Plus concrètement, et à titre d’exemple, si les personnes qui ont commis l’incendie criminel du « Bus de Yarakh » arrivent à prouver qu’elles étaient animées d’intentions politiques (bloquer le pays pour obtenir la libération de leurs camarades) et qu’elles appartenaient à un parti politique, rien ne devrait les empêcher de bénéficier de cette interprétation.

Ensuite, l’interprétation proposée vient paradoxalement obscurcir la loi d’amnistie, qui est suffisamment claire. Interpretatio cessat in claris : l’interprétation cesse lorsque les choses sont claires. Selon l’article 1er de la proposition de loi interprétative de PASTEF, seuls « les faits […] ayant une motivation exclusivement politique » seront amnistiés. Plusieurs questions se posent : comment déterminer la motivation politique ? Les juridictions seront-elles amenées à sonder les âmes des prévenus et accusés ? Comment parvenir à identifier les personnes qui ont infiltré les manifestations pour commettre des crimes ? Comment refuser à ces dernières l’excuse de la motivation politique ? Autant d’éléments qui montrent que cette interprétation rendrait curieusement obscure la loi d’amnistie.

Enfin, la proposition de loi interprétative de PASTEF exclut les infractions liées aux manifestations, mais commises sans motivation politique. La volonté de PASTEF est claire ici : protéger ses militants et livrer les autres. Les membres des forces de l’ordre, qui veillent au maintien de l’ordre public, pourront-ils justifier leurs éventuelles infractions par une motivation exclusivement politique ? Le militant politique qui commet un crime pourra bénéficier de l’amnistie en disant simplement qu’il participait à une manifestation politique. En revanche, le gendarme qui commet un délit sera jugé, car il ne pourra en aucun cas invoquer une motivation politique pour justifier son infraction. En termes simples, le militant présumé criminel est protégé, mais le gendarme qui participe à une opération de maintien de l’ordre public sera livré à la justice. Voilà le régime PASTEF : un gouvernement du PASTEF, par les réseaux sociaux et pour le PASTEF. Une République divisée et à terre !

Nous en appelons à la conscience collective. Il n’échappe à personne maintenant que PASTEF veut maintenir cette loi d’amnistie qui souille notre histoire. Nous ne devons pas laisser cette forfaiture prospérer, et il ne s’agit nullement d’un combat partisan''.

Thierno Alassane Sall
Député à l’Assemblée nationale

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

25 - Juin - 2026

TGI de Pikine-Guédiawaye : Diodio de la série « Baabel » condamnée

Placés sous mandat de dépôt par le procureur Saliou Dicko le vendredi 19 juin 2026, l'actrice Mame Diarra Diop, alias "Diodio", âgée de 22 ans, le taximan Talla...

24 - Juin - 2026

Affaire du vol présumé des 100 millions FCFA : quatre suspects, placés sous mandat de dépôt, seront jugés jeudi

Depuis plusieurs jours, le Sénégal est secoué par une affaire présumée de vol portant sur 100 millions FCFA. Quatre personnes, dont le fils d’un magistrat,...

24 - Juin - 2026

Demande de liberté provisoire : Pape Malick Ndour fixé sur son sort ce mercredi

La Chambre d'accusation doit rendre ce mercredi 24 juin sa décision sur la demande de liberté provisoire déposée par les avocats de Pape Malick Ndour, rapporte Les...

24 - Juin - 2026

Non déclaration de patrimoine : Moustapha Kâ fixe un ultimatum aux récalcitrants

En mai 2026, au Sénégal, le président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Moustapha Kâ, a fait état d'un bilan...

24 - Juin - 2026

Sûreté urbaine : Un journaliste de Seneweb placé en garde à vue

L’affaire connaît un nouveau développement. Après plusieurs heures d’audition à la Sûreté urbaine de Dakar, le journaliste de Seneweb, Mor Mbaye...