REFORME CONSTITUTIONNELLE : LES RESERVES DE BIRAHIM CAMARA

05 - Mai - 2026

Le maintien en l’état des articles 27 qui détermine la durée et le nombre de mandats présidentiels et 28 qui reconduit la mention de " nationalité exclusivement sénégalaise " pour être candidat à l’élection présidentielle reste une flagrante entorse à notre démocratie. En aucun il ne peut être qualifié " d’avancée ».
Nous avions, urbi orbi, clamé et proclamé que l’article 27 est une atteinte à la souveraineté du peuple en capacité et en droit de confier son destin à celle ou à celui qui jouit de sa confiance.
La limitation, par conséquent, à deux mandats consécutifs du président de la république est tout sauf démocratique. Elle n’est pas inclusive mais elle demeure une usurpation d’un droit qui n’appartient qu’au seul et unique peuple souverain.
Quant à l’article 28, il est simplement injuste et inégalitaire.
Certes le binational, régulièrement inscrit sur les listes électorales, a le droit de voter aux élections territoriales, législatives et à la présidentielle ; il peut être conseiller municipal, conseiller départemental, député et maire ; il peut briguer le poste de président de conseil départemental et de l’assemblée nationale mais en aucun cas il ne peut prétendre à la magistrature suprême.
Dans l’exposé des motifs de l’avant- projet de révision de la constitution sur le bureau de l’assemblée nationale la cohérence, la logique, la justice et l ’équité y sont absentes ?
Que signifie l’égalité en droits, en devoirs et en obligations des citoyens devant la loi gravée en LETTRES d’OR dans la constitution à réviser ou à modifier ?
Le Président Bassirou Diomaye Faye élu par la divine volonté et grâce à la générosité de Ousmane Sonko manifestée pendant les sombres heures du second et dernier mandat de Macky Sall serait- il en capacité de moderniser l’organisation et le fonctionnement des institutions face aux nouveaux enjeux et défis que sont la réduction des inégalités et l’avènement d’un véritable état de droit garant d’une république démocratique et juste ?
Par ailleurs le Sénégal limite l’âge maximal du président de la république à soixante-quinze ans. Or dans le concert des Etats, des républiques, des nations et des peuples, nos " jeunes présidents », s’agenouillent et font des galipettes et des courbettes devant des octogénaires et nonagénaires ( De Gaulle , Mitterrand , Baiden , Thrump ).
Le successeur de Macky Sall , en termes d’avancées politiques, économiques et sociales ferait- il mieux que le Président Abdoulaye Wade élu en mars 2000 président de la république à l’âge de soixante-quatorze mais auteur d’excellents résultats économiques, sociaux , culturels et politiques ? La réponse est loin, très loin d’être évidente.
Enfin notre constitution discrimine et élimine près de 60 % de nos compatriotes arabophones, hispanophones, lusophones ou anglophones de la compétition présidentielle par le seul fait qu’ils ne lisent ni n’écrivent correctement le français ? Que dire de nos dix-sept langues nationales pourtant constitutionnalisées ?
Le président Bassirou Diomaye Faye, au lieu d’importer la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 écrite par et pour ailleurs, sur la base des serments de Keme Kiriyah de 1077 et du Mandé de 1236, aurait dû approfondir ses consultations pour une constitution inclusive, égalitaire et démocratique en adéquation avec l’identité, l’histoire et les valeurs propres au Sénégal et aux Sénégalais dans une Afrique retrouvée et souveraine.
Ce faisant la notion " d’avancée " gardera la plénitude et la noblesse de son sens.

Birahim Camara
Parti Socialiste

 

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