Réunion de soutien à Khalifa Sall: longue, décevante et ennuyeuse !
Une salle pleine à craquer où se côtoyaient des socialistes proches de Khalifa Sall, des militants de la société civile, mais aussi ceux de la coalition Wattu Senegaal. Tous avaient manifestement un seul et unique objectif : peser de tout leur poids pour extirper le maire de la capitale sénégalaise des griffes de la justice. Mais voilà, la longue réunion fut décevante et ennuyeuse ! Car les intervenants, visiblement très émus, ont passé le plus clair de leur temps à tresser des lauriers à Khalifa Sall, à dénoncer l’instrumentation de la justice et le complot dont il serait victime. Une rengaine qui, de l’avis d’une partie de l’assistance, ne changera rien, absolument rien au sort de l’infortuné. Au lieu donc de s’éterniser à « enfoncer des portes ouvertes », elle a estimé que la réunion devrait être l’occasion de réfléchir sur les voies et moyens pouvant aider à la libération de Khalifa Sall.
« C’est une réunion de soutien à Khalifa Sall, mais il n’y a pas de perspective. On n’est pas là pour parler de la générosité du maire de Dakar, des ordonnances qu’il a payées pour des malades(…) Aujourd’hui, il faut une unité des compatibles. En clair, on veut des gens qui s’engagent, quelle que soit leur philosophie, pour rendre minoritaire Macky Sall à l’Assemblée nationale pour pouvoir voter des lois qui vont dans le bon sens. Le bon sens, c’est préparer 2019, c’est faire en sorte de diminuer les prérogatives de notre roi, à savoir un président qui a doit de vie et de mort sur nous tellement il a tous les pouvoirs entre ses mains », a martelé Bouba Benjelloun, président de Diaspora plurielle. Une « vérité » que certains inconditionnels de Khalifa Sall n’ont pas pu digérer. S’en est alors suivi un moment de confusion.
Qui n’a manifestement pas dissuadé El Hadji Thierno Dieng : « L’heure doit être aux actions concrètes. Vu le contexte au Sénégal, la diaspora doit être à l’avant-garde du combat pour la libération de Khalifa Sall, mais aussi celle de tous les prisonniers politiques. En parlant d’actions concrètes, je veux dire qu’on doit aller sur le terrain, organiser des manifestations devant des chaînes de télévision comme France 24, BFM TV pour sensibiliser l’opinion internationale. On est quand même en France, un pays de liberté. »
Interpellé par la presse, le président du Mouvement Fal Khalifa Sall de France, Idrissa Aïdara, a reconnu que le combat pour la libération du maire de Dakar ne devrait pas « se cantonner dans une salle ». « On s’était réuni à Mantes-la-Jolie, on a défini un plan d’action. C’était la première étape. Nous avons décidé de sortir (…)pour aller manifester devant des médias français, le consulat, l’ambassade. La situation est telle qu’on ne peut pas se cantonner dans une salle. La situation du Sénégal est devenue une urgence dans tous les domaines. Donc nous lançons un appel à toute la diaspora, celle de la France en particulier, pour qu’elle se mobilise en vue de faire face au régime de Macky Sall qui nous mène directement à la dérive », a-t-il dit.
Cheikh Sidou SYLLA



