Sénégal : mobilisation pour la libération du journaliste René Capain Bassène

04 - Mai - 2026

Un appel solennel est lancé aux autorités sénégalaises pour la libération du journaliste et écrivain René Capain Bassène, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans une affaire de meurtre liée aux violences survenues en Casamance. À l’approche de la fête de l’Aïd al-Adha prévue le 27 mai 2026, des voix s’élèvent pour demander au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de corriger ce qui est qualifié par ses soutiens d’« erreur judiciaire monumentale ».

Selon les éléments avancés par les défenseurs du journaliste, René Capain Bassène aurait été condamné en 2018 pour l’assassinat de 14 personnes dans le sud du Sénégal, dans un contexte de conflit en Casamance. Toutefois, ses partisans contestent fermement cette décision de justice, estimant qu’elle repose sur des témoignages obtenus sous contrainte, notamment dans des conditions dénoncées comme assimilables à des actes de torture.

Ils soutiennent que le journaliste disposait d’un alibi au moment des faits, affirmant qu’il assistait à une activité sportive avec des proches. Ses défenseurs affirment également que son rôle dans la région était strictement lié à ses activités professionnelles et à ses travaux d’écriture sur le conflit casamançais.

Dans leurs arguments, ils rappellent que Bassène travaillait comme agent de liaison dans le cadre de projets de développement local et menait des recherches journalistiques sur les dynamiques du conflit. Ses écrits et ses enquêtes auraient, selon eux, été interprétés à tort comme un engagement aux côtés de groupes rebelles.

Des organisations de défense de la liberté de la presse, dont le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), estiment que plusieurs anciens coaccusés auraient dénoncé des pressions subies lors de la procédure judiciaire. Le journaliste aurait également subi des violences en détention, ayant entraîné la perte de l’audition d’une oreille.

Pour ses soutiens, cette affaire illustre les dérives possibles des procédures judiciaires dans les contextes de conflit, mais aussi les risques encourus par les journalistes couvrant des zones sensibles.

L’appel demande désormais une intervention du chef de l’État afin d’examiner la situation du journaliste à la lumière des éléments soulevés, dans un esprit de justice et de réconciliation, à l’occasion de la fête de la Tabaski.

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