Tariq Ramadan : « Je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse »
« Que la paix soit sur vous. » Ce sont par ces mots que Tariq Ramadan commence la vidéo qu'il a lui-même enregistrée en novembre dernier alors qu'il n'était pas encore mis en examen pour viols. Depuis quelques jours, l'existence de cette vidéo faisait parler. Elle a été publiée ce mercredi par le site communautaire Le Muslim Post puis relayée par Libération. « Je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse », lance-t-il alors qu'il estime faire « l'objet d'un lynchage médiatique ». « On m'accuse des pires agissements. En fait, on m'accuse de crimes, puisqu'il s'agit de viols [...] Mais je ne vais pas rentrer dans la surenchère médiatique. Ces choses-là se discutent dans un tribunal, devant un juge et avec des avocats. »
« Je suis le diable »
Aujourd'hui mis en examen et incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis depuis début février pour deux viols, le théologien musulman se disait « profondément confiant de l'évolution des investigations. Avec le temps de la justice qui est plus long que le temps médiatique, nous saurons qui a dit la vérité, qui a menti et qui, au fond, est innocent ». Mais alors qu'il réfute la thèse du complot, il dit subir un acharnement. « Alors qu'une femme qui livre un nom, ceux qui m'ont toujours eu dans leur viseur, ceux dont j'étais l'ennemi y ont vu une aubaine extraordinaire et s'y sont jetés tête baissée en pensant : voilà on va le finir », explique-t-il très calmement.
Il accuse également les médias ne pas avoir fait leur travail. « Aucun ne s'est dit, il faut quand même qu'on vérifie qui elle est [en parlant de la première femme qui l'a accusé de viol, NDLR], d'où viennent ces accusations. Et ça c'est tout à fait sidérant [...] comme je suis le diable, la parole qui m'accuse est forcément la parole de l'ange, une parole d'évangile. Le minimum du travail du journaliste n'a pas été fait. Au contraire, on s'est dit : il faut qu'on charge davantage sur l'accusé, sur Tariq Ramadan. »
« J'ai toujours été surveillé et ils ne le savaient pas »
Pour se défendre, le théologien évoque les trois dépositions de la première plaignante qui selon lui donne trois versions différentes. Il n'hésite pas non plus à remettre en cause la qualité des services de surveillance français. « J'ai toujours été surveillé et ils ne le savaient pas, donc c'est le journaliste qui doit savoir et celui qui s'occupe des renseignements généraux et des affaires étrangères ne le savaient pas. Ils ne le savaient pas parce que ça n'existait pas [...] ou alors il y a un vrai problème avec la sécurité en France et les citoyens ordinaires devraient se poser des questions sur l'état des renseignements », lâche-t-il seul devant sa caméra.
Selon les informations de Libération, la vidéo n'a pas subi de montage. Tariq Ramadan se serait enregistré dans sa maison à Londres avant de confier la vidéo à une personne proche de son entourage. Le Muslim Post a décidé de la rendre publique car « c'est l'unique fois où Tariq Ramadan a pris la parole », écrit le site communautaire.
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