AFFAIRE KARIM WADE : HALTE A LA MANIPULATION !

19 - Mars - 2018

Il est important que l’opposition fasse preuve d’intelligence face à l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Paris. Pour cela, il aurait fallu qu’elle se rappelle les faits ainsi que la procédure qui sous-tendent la décision.
Il est tout aussi important de rappeler que le peuple sénégalais était au courant des soucis financiers de la famille Wade avant que Maitre Wade n’accède au pouvoir en 2000. Soucis financiers confirmés par Idrissa SECK, un des plus proches collaborateurs d’alors d’Abdoulaye WADE, qui dans son fameux CD « lui et moi », rappelait avec justesse les propos de Me Wade : « Nos soucis financiers sont terminés ».
Pourtant, comme par enchantement, la famille Wade (surtout K. Wade) s’est subitement enrichie dès l’accession de Wade père au pouvoir.
La cour d’appel de Paris n’a jamais dit que Karim et Cie sont innocents. L’affaire a déjà été jugée, donc frappée par l’autorité de la chose jugée et Karim déclaré coupable. Dès lors la question ne réside pas dans sa culpabilité ou sa prétendue innocence. Ceci étant dit, rappel doit être fait que les juridictions françaises n’ont pas compétence pour confirmer et encore moins pour infirmer, les décisions, souverainement rendues, par nos juridictions et en toute indépendance.

La position des juridictions françaises : le délit d’enrichissement illicite n’existe pas dans l’arsenal législatif français. Dès lors, la première question à laquelle il est important de répondre, pour éclairer le peuple sénégalais, est celle de savoir pourquoi les juridictions françaises ont réfuté la saisie de biens de Karim WADE ? Comme il a été justement rappelé par Me Papa Moussa Sidiki Sow, un des avocats de l’État sénégalais, « le tribunal avait considéré que l’infraction d’enrichissement illicite ne fait pas partie du corpus pénal français. Et que, pour qu’on admette l’exécution d’une décision venant du Sénégal, il faut nécessairement que l’infraction soit une infraction qui est admise en France. L’enrichissement illicite existe bel et bien au Sénégal. Il est également prévu dans la Convention des Nations unies mais la France, malheureusement, ne l’a pas encore incorporé dans son corpus pénal. C’est la raison pour laquelle les juridictions françaises n’ont pas accepté l’exécution de la décision portant sur des biens se trouvant en France de Monsieur Karim Wade ». Dès lors, au-delà du caractère juridiquement contestable de ladite décision, il n’est en l’occurrence pas question du bien-fondé de la décision des magistrats sénégalais, mais de son exécution sur le territoire français. Sauf à être d’une particulière mauvaise foi, la seule lecture de l’arrêt devrait permettre de se rendre à cette évidence.
Pour en revenir à l’essentiel, la seconde question fondamentale réside dans la preuve de l’origine licite des biens du sieur Karim Wade.
Sa seule condamnation par la justice sénégalaise est largement suffisante, car l’argent et les biens ont été frauduleusement soustraits au peuple sénégalais et non au peuple français. En l’espèce, ce qu’il est important de retenir c’est que Karim Wade et son complice BOURGI sont propriétaires de deux luxueux appartements dans l’un des quartiers les plus chers de France (XVIe arrondissement de Paris). Il est également détenteur d’un compte bancaire français. En 2015, il a été condamné à juste titre au Sénégal, pour « enrichissement illicite ». Les Sénégalais aimeraient bien que Karim et Cie, ou leurs conseils disent comment ces grands appartements luxueux, nichés dans le prestigieux 16 -ème arrondissement de Paris ont été acquis. Ont-ils été acquis légalement ou non ?

Avec de l’argent volé ou ayant une provenance licite et traçable ? Ces luxueux appartements ont-ils été achetés avant l’an 2000 ? Le peuple sénégalais désabusé ne demande qu’à être éclairé sur la preuve de l’origine de ces biens, au-delà même de l’aspect juridique et judiciaire de la question.
Voilà le vrai débat, voilà les vraies questions et, malheureusement, nous attendons une réponse de ces prédateurs et délinquants financiers.
Au lieu, d’ergoter sur des vétilles ou de « jubiler » pour tenter de manipuler l’opinion quant au bien-fondé d’une saisine des juridictions par le parquet financier de Paris dans le cadre d’une demande d’entraide internationale formulée en 2015 par l’Etat du Sénégal, Karim Wade doit nous éclairer sur la justification de l’origine licite de ses biens.
Enfin, nous invitons Karim WADE à retenir une fois pour toute cette belle et véridique assertion du Président LINCOLN « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps »

Pour la DSE
Le Secrétariat chargé de la Communication, Veille et Riposte

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