Affaire Khalifa Sall : confrontations à risques devant le doyen des juges

21 - Mars - 2017

Jeudi prochain, Khalifa Sall sera face à ses co-inculpés dans le bureau du doyen des juges. A l’exception du maire de Dakar, tous les inculpés dans le cadre de cette affaire ont reconnu que les factures, commandes et livraisons de riz ou de mil étaient fictifs. Vont-ils répéter la même chose face à l’édile de la capitale et surtout devant le juge instructeur?

Il y aura du monde dans le bureau du doyen des juges jeudi prochain. En effet, Khalifa Sall sera confronté avec ses co inculpés à savoir Mbaye Touré (directeur administratif et financier), Fatou Traoré (assistante du Daf), Amadou Moctar Diop (coordonnateur de l’Inspection générale des services municipaux), Yatma Diaw (chef division comptable), Yaya Bodian mais aussi Ibrahima Touré et Mamadou Oumar Bocoum le nouveau et l’ancien receveur seuls à comparaître libres dans le cadre de cette procédure.

Selon les informations, c’est en raison des contradictions entre Khalifa Sall et ses co-inculpés -placés en détention - lors des auditions de fonds la semaine dernière. En effet, ces derniers ont tous reconnu face aux magistrats que les commandes, factures et Pv de réception qui justifiaient le décaissement mensuel de 30 millions de FCfa en faveur du maire étaient du toc.

Vendredi dernier, Mbaye Touré par exemple avait affirmé au juge que les commandes de riz et de mil ainsi que les procès-verbaux de réception qui permettaient de sortir 30 millions de FCfa par mois étaient fictifs. Mieux ou pire, le DAF, qui est en poste depuis plus de quinze ans, a même précisé qu’il agissait de la sorte depuis plusieurs années. Cependant, il nie avoir commis ou participé à un détournement de fonds puisque l’argent était « intégralement » remis au maire qui s’en servirait pour des « œuvres sociales ».

Avant Mbaye Touré, le juge a interrogé le coordonnateur de l’inspection générale des services municipaux Amadou Moctar Diop écroué avec Khalifa Sall. Celui-ci est membre de la commission de réception présidée par Mbaye Touré au même titre que le chef de la division financière et comptable, Yatma Diaw.

Tous les trois ont reconnu que les procès-verbaux de réception des commandes livrés par le GIE Tabaar sont des faux. Son gérant, Ibrahima Traoré, avait soutenu la veille, devant le magistrat, que ce sont d’anciennes factures remises à la mairie dans le cadre d’un marché de bureau qui ont a servi à procéder à la falsification d’autant que son GIE ne fonctionne plus depuis 2008.

Un fait confirmé par sa sœur Fatou Traoré, assistante de Mbaye Touré et...trésorière du GIE Tabaar. Une version consolidée par Abdoulaye Diagne, comptable matière de la mairie de Dakar. Interrogé comme témoin le même jour qu’Ibrahima Traoré, le sieur Diagne a juré n’avoir jamais vu un stock de riz ou de mil à la mairie.

Comme nous l’écrivions, Khalifa Sall qui a été le dernier à être entendu vendredi dernier de 15 à 17 heures, a soutenu que les 30 millions de FCfa qui lui étaient remis chaque mois étaient des « fonds politiques logés dans la Caisse d’avance ».

Concernant les factures et commandes fictives mises en cause, le maire de Dakar précise qu’il n’était pas gérant de cette Caisse qui était sous la coupe de Mbaye Touré. Pour se laver, Khalifa Sall a ajouté en direction du magistrat avoir obtenu le quitus de la Cour des comptes qui aurait validé les comptes de la ville. « J’ai fait la reddition des comptes », avait-il affirmé.

Il faudrait s’attendre que les co-inculpés du maire de Dakar persistent et signent dans leurs propos puisqu’ils ont tenu le même discours lors de leurs auditions à la DIC mais aussi face à Khalifa Sall auquel ils étaient confrontés.Sauf que devant les policiers, ce dernier avait gardé le silence. Une ligne de défense qu’il semble avoir abandonnée.                

leral.net

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