Affaire Pierre Robert : aveux glaçants sur le projet de « Centre de formation au sexe » à Dakar

12 - Février - 2026

L’enquête ouverte à Dakar sur l’affaire Pierre Robert, ce ressortissant français arrêté à Beauvais en avril dernier, connait un gros rebondissement. À la suite d'une information judiciaire complexe, le Doyen des juges a délivré 14 mandats de dépôt, confirmant l’existence d’une organisation aux ramifications aussi vastes que sordides.

Dans cette vaste affaire de pédocriminalité et de traite d’êtres humains, le principal mis en cause a dirigé entre 2015 et 2025 un réseau structuré recrutant des enfants vulnérables (3 à 15 ans) - enfants de la rue, issus de familles très pauvres ou talibés - pour les exploiter sexuellement. Il s’appuyait sur des complices locaux appelés « formateurs sexuels », chargés de recruter les mineurs, d’abuser d’eux, de filmer les actes et d’envoyer les vidéos, révèle Libération dans son édition du mercredi.

Parmi les relais locaux du réseau, le profil de Amath Lô, interpellé aux Almadies, est particulièrement saisissant. Se présentant ouvertement comme la « femme » de Pierre Robert, il vivait dans un appartement luxueux entièrement financé par « le patron ». Il a été cueilli en compagnie de sept jeunes garçons « recueillis » par le réseau. Selon ses déclarations, relayées par le journal, Pierre Robert lui demandait régulièrement des vidéos intimes contre rémunération. Découvert par son père, Amath Lô a été chassé du domicile familial. Il dit avoir ensuite été pris en charge par Pierre Robert, qui lui aurait trouvé successivement un hébergement à Keur Massar puis à Yoff.

En janvier 2024, lors d’un séjour de Pierre Robert au Sénégal, ils auraient eu des relations sexuelles à Saly, suivies d’autres rencontres, sachant qu'il était porteur du Vih/Sida. Pierre Robert lui aurait ensuite loué un appartement aux Almadies et lui versait une somme mensuelle entre 100 000 F CFA et 150 000. «Des téléphones portables et divers objets liés à la sexualité notamment des tubes de lubrifiant, des préservatifs, deux Sextoy, des boites vides de médicaments Vih mais aussi une carte de santé dont Amath Lô a dédaré être le propriétaire», ont été saisis, lors de la perquisition.

«Pierre Robert donnait ses instructions et exigeait des photos d'enfants sodomisés»

Si Amath Lô gérait le volet « mise en scène » aux Almadies, Babacar Diallo (arrêté à Kaolack) officiait comme le recruteur en chef. Il a avoué avoir « récupéré » des enfants de moins de 10 ans pour les initier au sexe. Son rôle était de piloter le projet macabre de Pierre Robert : implanter à Dakar un « Centre de formation au sexe ».

«Une proie facile»

Cité par le quotidien d'information, «Birame Senghor a avoué avoir connu Pierre Robert vers les années 2009 alors qu'il était étudiant. Il a expliqué l'avoir connu fortuitement à la Médina où logeait Pierre Robert. Ce dernier l'assistait financièrement pour son transport à l'université et l'achat de ses tickets restaurant. Finalement, Birame Senghor dit être devenu une proie facile pour Pierre Robert à qui il ne pouvait rien refuser». Il a contracté le virus du Vih depuis dix ans.

Birame Senghor, alias “Boubacar Sweettie” (Tivaouane Peulh), est décrit comme un intermédiaire régulier en contact direct avec le principal mis en cause. Malick Sène Guèye, soupçonné d’avoir participé à la logistique, a été intercepté à Ouakam. Ses robes retrouvées lors d'une perquisition.

L'exploitation du matériel informatique a permis de confirmer qu'un appartement localisé à Ouakam était le quartier général où le groupe se rassemblait pour passer ce qu'ils appelaient de « beaux moments ». Les enquêteurs y ont trouvé des traces de flux financiers réguliers via Western Union, servant à payer les loyers, les cadeaux et les « salaires » des formateurs.

Pierre Robert aurait organisé, lors de ses séjours au Sénégal, des rencontres dans une villa à Saly où «le menu était le viol de jeunes défavorisés choisis par le Français lui-même».

Le calvaire des victimes : des témoignages glaçants

Parmi les victimes, le jeune O.D., 13 ans à l'époque, a fait une fellation à son formateur Boubacar Diallo. Ce dernier a envoyé la photo au «patron». D'autres mineurs, (W.N, A.D, M.F) ont raconté comment ils ont été abusés par Pierre Robert lui-même ou livrés aux invités, reprend Libération.

L’instruction se poursuit.

Auteur: SenewebNews

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