Aliou Sall, bourreau indirect de Yakham Mbaye

09 - Septembre - 2017

Contrairement à Youssou Touré, qui a rué dans les brancards, Yakham Mbaye est dans un mutisme inquiétant. D’après son entourage, il s’est enfermé depuis son éviction surprenante. Le désormais Secrétaire d’Etat, d’un caractère volcanique, est plongé dans un silence qui suscite des interrogations. Rassemble-t-il ses forces pour se relever ? En tout cas, le Plateau est en rogne. C’est que Yakham affiche tous les critères exigés par le Président pour figurer dans l’équipe gouvernementale : sa contribution à la victoire de Bennoo à Dakar-Plateau; il a été durant la campagne le lieutenant, de la tête de liste de Dakar, Amadou Bâ et figurait parmi les six membres du Comité ad hoc qui a coordonné toute la campagne dans le département de Dakar. On peut également y mettre son bilan au ministère de la Communication avec le vote du projet de Code de la Presse. ‘Last but not least’, il a toujours été au front pour défendre Macky Sall : les affaires Artp contre Sidy Lamine Niasse et El Hadji Ndiaye-Tounkara, l’histoire de la radiothérapie. Plus particulièrement, il s’est signalé en affrontant Y en a marre, après avoir contribué à enfoncer Khalifa Sall dans l’affaire de la Caisse d’avance de la mairie de Dakar.
Néanmoins, il est sorti du nouveau gouvernement à la surprise générale, alors que des sources concordantes indiquaient qu’il était pressenti pour diriger le ministère de la Communication et des Télécommunications et Ntic finalement confié à Abdoulaye Bibi Bladé. Un autre vaincu (dans la commune de Kolda par la Coalition Gagnante) promu à l’image de Seydou Guèye, Maïmouna Ndoye Seck et Pape Abdoulaye Seck que Bamba Fall, leader de Manko Taxawu Sénégal avaient battus. Même s’il se dit que le Président lui réserve une autre planque, plusieurs observateurs sont d’avis qu’il a fait les frais de « son amitié assumée » datant de plus de vingt ans avec Aliou Sall. Les mêmes forces qui ont eu raison de Aliou Sall avant les législatives ont eu raison de lui. Un énorme risque que l’intéressé avait pris tout en s’attendant à ce sort. En atteste ce passage de sa lettre incendiaire dans laquelle il attaquait Moustapha Diakhaté : «Je sais et je sens qu’en finissant de lire mes mots, il te viendra à l’esprit mon sort. Rassure-toi ! Non que je sois à l’abri des sales coups que ces félons, qui pullulent en notre sein, n’ont eu de cesse de m’asséner depuis près de dix ans, et qui ont culminé lorsqu’ils m’ont collé cette bande audio fabriquée, après s’être immiscés dans ma vie conjugale pour la détruire. D’autres coups vont pleuvoir. Mais, rassure-toi, parce que tout simplement, j’ai fait mienne la harangue du Maréchal Foch à ses troupes à la bataille de la Marne : «Ma droite est enfoncée, ma gauche cède, tout va bien ; j’attaque !» Ils attaqueront. Ils m’attaqueront. Je riposterai. Je leur laisse le choix des armes. Je n’ai pas peur de tomber sous leurs coups de boutoirs ; la seule crainte que je peux nourrir, c’est de n’avoir pas assez de forces pour me relever. Que Dieu m’en garde ! Que Dieu te garde !»
Source L’As

 

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