APPEL AUX HONORABLES DEPUTES DE CETTE TREIZIEME LEGISLATURE

18 - Avril - 2018

Au cours du Conseil des Ministres du 21 mars dernier, deux projets de lois ont été adoptés portant respectivement révision de la Constitution et modification du Code électoral, pour d’une part généraliser le système de parrainage en l’appliquant à l’ensemble des candidats à la présidentielle, qu’ils soient indépendants ou présentés par des partis et coalitions de partis politiques et d’autre part changer subrepticement des règles substantielles de la loi électorale, notamment l'article L57 afin d'empêcher à des sénégalais aisement identifiables de se présenter à l'élection présidentielle.
Le bureau de votre auguste Assemblée a ainsi décidé de l’examen du projet de loi portant révision de la Constitution en plénière, le jeudi 19 avril prochain et, au regard de la détermination de toute l’opposition réunie et des forces sociales contre ce projet de nouveau système de parrainage, la situation du pays est lourde de dangers.
Honorables Députés, la volonté d’appliquer cette hypothétique réforme dans l’immédiat à l’élection présidentielle de 2019, laisse perplexe, le Sénégal n’ayant pas assez de recul vis-à-vis de cette procédure généralisée de parrainage et n’y étant pas suffisamment préparé, techniquement et matériellement, à quelques mois de l’élection.
A cet égard, il est malheureux de constater qu’après une concertation infructueuse sur ce parrainage, au niveau de la Commission de concertation sur le processus électoral, le président de la République a directement procédé à un arbitrage en faveur des positions défendues par les représentants de la majorité présidentielle à cette commission, sans avoir pris soin d’écouter au préalable les différentes parties.

Cette précipitation à modifier à la fois la Constitution et le Code électoral dans un délai aussi court, alors que les étapes antérieures indispensables à une véritable consultation citoyenne n’ont pas été franchies et que le consensus minimal souhaitable sur les réformes envisagées n’a pas eu lieu au préalable, heurte la conscience de l’immense majorité du peuple sénégalais.

Aussi, sommes-nous convaincus qu’il faudrait maintenir le statu quo sur cette question, pour ce qui concerne cette élection présidentielle-ci et ouvrir des discussions avec toutes les parties prenantes pour échanger et trouver des solutions en vue des échéances ultérieures, tout en sachant qu’un scrutin uninominal et un scrutin de liste n’ont pas forcément la même nature et le même niveau d’exigences.

A cette fin, honorables Députés, nous vous lançons le présent Appel pour vous inviter à mettre l'intérêt général au-dessus de toute autre considération en ne votant pas ce projet de loi.

Honorables Députés, écoutez la voix de la sagesse et faites prévaloir, avant tout, la paix sociale et la stabilité du pays, car vous pourriez être aussi tenus pour responsables, devant le peuple sénégalais et devant le monde, des troubles qui pourraient résulter de la situation actuelle.

Collectif des anciens Parlementaires 

Dakar, le 16 avril 2018

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

02 - Mars - 2025

Sénégal : Rejet de la proposition de loi du député Thierno Alassane Sall – Une manœuvre politique troublante ?

Dans un contexte politique marqué par des tensions croissantes, la récente décision de l'Assemblée nationale sénégalaise de rejeter la proposition de loi...

28 - Février - 2025

Rencontre tripartite : Ousmane Sonko souligne la nécessité d’une gestion transparente et responsable de l’État

La prise de parole du Premier ministre Ousmane Sonko a été très attendue lors de la rencontre tripartite qui s’est tenue ce jeudi au Grand Théâtre de Dakar. Devant un large public...

28 - Février - 2025

ALIOUNE NDAO : UN EX-PROCUREUR ENTRE CASH ET SORCELLERIE (PAR IBRAHIMA THIAM)

Le Sénégal est-il devenu un immense marché où la justice se brade comme une vulgaire marchandise ? plusieurs pourraient le penser après avoir...

27 - Février - 2025

Paix en Casamance : l’État mise sur un développement inclusif et durable

Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué la signature d’un accord de paix historique en Casamance, signé le 23 février à Bissau. Ce pacte, fruit...

27 - Février - 2025

Assemblée : Une proposition interprétative de la loi d’amnistie initiée par Pastef validée par le Bureau…

Le Bureau de l’Assemblée nationale a rejeté, ce 26 février, la proposition de loi du député Thierno Alassane Sall visant à abroger la loi d’amnistie. Motif : elle violerait...