Au Sénégal : Le rétablissement de la chambre haute le (SÉNAT) s'impose et doit être un point du prochain Référendum (Par Aliou Ndao Fall)

22 - Août - 2026

L''actuelle crise au sommet de l'état est le résultat d'un excès de pouvoir d'une assemblée unique dans un pays démocratique qui a toujours respecté totalement ou en partie, les principes démocratiques. Mais depuis 2024, avec l'avènement du Pastef, un parti qui se veut populiste, nationaliste et qui est loin de la conception, de la perception des populations sénégalaises de l'état libre et démocratique qu'elles ont toujours vécu, l'assemblée nationale se joue de la souveraineté de tout un peuple. Jamais au grand jamais la République du Sénégal n'a vécu une séquence de bras de fer tout d'abord entre, le président de la république et son premier ministre, et ensuite, entre le président de la République et le président de l'assemblée nationale, qui se trouve être l'ancien premier ministre démis de ses fonctions par le président de la République. J'entends souvent cette comparaison avec la situation politique de 1962, entre le président de la république L.S.Senghor et son président du Conseil, Mamadou Dia. Ces deux situations très éloignées par le temps, n'ont rien de similaire à tout point. C'est le lieu justement de rappeler au respect de la mémoire de feu Mamadou Dia, président du Conseil qui n'a jamais lorgné le fauteuil du président de la République, L. S. Senghor. Contrairement à ce qui se passe entre les deux camarades et frères d'un moment du Pastef. Que je sache, la grande muette est toujours restée dans les casernes, le premier ministre n'a pas été arrêté, jugé et condamné. Mieux il est devenu un puissant président de la seule chambre parlementaire dans une république du Sénégal, aujourdhui agressé dans sa démocratie de manière volontaire et plusieurs fois répétés. Pour que la République du Sénégal retrouve son pouvoir législatif confisqué, et sorte de cette dictature d'une chambre unique, il ya lieu de remettre en place la chambre haute le (SÉNAT) pour freiner cet excès de pouvoir. La présence du Sénat servira à modérer le vote des lois, à éviter les excès d'une assemblée unique et à offrir une représentation diverse des citoyens et des territoires. Le Doyen Delpérée nous rappelle que: " C'est la complexité d'une société politique qui veut qu'un État recoure à des institutions elles-mêmes complexes et, en particulier, à une seconde Chambre."
La complexité de l'Etat du Sénégal actuellement saute aux yeux et ne fait aucun doute. Cette guerre entre les deux pouvoirs rend notre État, très fragile, vulnérable au moindre évènement internationle et exposé gravement aux risques d'une géopolitique régionale en constant mouvement. Les préoccupations des populations sénégalaises pour leur épanouissement sont oubliées et ignorées. Si on peut considérer que les citoyens et citoyennes sont représentés au parlement du Sénégal, il faut alors reconnaître que les territoires, les collectivités locales et les couches sociaux professionnelles sont absentes pour ne pas dire exclues, du jeu démocratique.
Oui c'est bien l'ancien régime qui en 2012 avait supprimé la chambre haute, c'est à dire le Sénat. Mais le pouvoir d'alors l'avait remplacé par le : Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT). Ce n'était pas une chambre parlementaire bien sûr, mais une chambre consultative tout comme le Conseil Économique, Environnemental et Social. Dans ce registre le nouveau régime n'a pas fait mieux que le régime précédent. Ce régime a tout simplement exclue du jeu démocratique les deux chambres consultatives. Pourtant aucun pays démocratique au monde ne se prive, d'une chambre représentative des corps sociaux professionnels : le Conseil Économique et Social. Pour leur suppression, les arguments avancés dénonçaient des Institutions budgétivores pour caser une clientèle politique. Finalement on constate aujourd'hui que le budget total de ces Institutions est largement inférieur aux fonds politiques de la primature sous Ousmane SONKO actuel président de l'assemblée nationale du Sénégal. Quand on observe le fonctionnement de nos institutions républicaines, force est de reconnaître qu'à l'assemblée nationale, seuls les militants pastefiens du Sénégal sont représentés avec une majorité écrasante et insolente. Quand aux citoyens sénégalais eux, leurs préoccupations viennent après celles du président du Pastef ou celles du président de l'assemblée nationale ( c'est selon). Face au peuple souverain et devant la nation, le gardien de la constitution, Monsieur le président de la République a le devoir de rétablir le Sénat et le Conseil Économique et Social, afin de donner aux territoires, aux collectivités locales, aux differentes catégories sociaux professionnelles, leur place dans le dispostif démocratique de la République et pour le bon équilibre des trois pouvoirs de Montesquieu: l'Exécutif, le Législatif et le Judiciaire.

Ambassadeur
Aliou Ndao FALL
Membre du SEN/APR.

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