BATHILY, L'HOMME À ABATTRE

11 - Avril - 2018

En déphasage avec le régime dont il était l’un des alliés avec sa formation politique la Ligue démocratique, Abdoulaye Bathily est devenu, aujourd’hui, la cible voire l’homme à abattre de Macky Sall et ses partisans. Depuis sa sortie dans les médias où il a pris fait et cause pour le maire de Dakar, emprisonné à 5 ans ferme dans le cadre de la caisse d’avance de la mairie de Dakar et s’est opposé au parrainage, Bathily est devenu la cible des apéristes. En plus de prendre la défense de Khalifa Sall, l’ancien patron de la LD avait peint un tableau sombre du Sénégal où pratiquement tous les clignotants sont au rouge, selon lui. «Notre pays est dans une situation dangereuse. Le Sénégal est un des pays où le trafic de drogue, l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent sont les plus visibles. L’argent sale coule à flot dans ce pays aujourd’hui. C’est un danger pour la démocratie et la cohésion dans ce pays», avait déclaré Bathily sur les ondes de la RFM où il était l’invité de l’émission Grand Jury. Depuis cette sortie médiatique, l’ancien patron de la LD se rapproche de l’opposition de par ses positions.

Conséquence : il est devenu un danger pour le pouvoir en place. D’ailleurs, les répliques des «répondeurs automatiques» n’ont pas tardé. Après sa sortie, c’est le porte-parole du gouvernement et porte-parole de l’APR qui est monté au créneau pour déverser sa bile sur lui. Et c’est pour soutenir : «Je comprends bien que pour un candidat qui n’a jamais obtenu 5 %, un parrainage à 1 % équivaut à gravir l’Himalaya», a dit Seydou Guèye à son endroit. Devenu l’homme à abattre, les tenants actuels du pouvoir multiplient les initiatives pour le contrôler.

AfriqueConfidentielle.com révèle que l’ancien candidat à la présidence de la commission de l’UA (Union africaine), Abdoulaye Bathily serait au cœur d’un scandale financier. Le journal a publié un texte intitulé «la corruption toujours à la une en Afrique» dans lequel il indique : «l’homme qui avait compromis les chances de son pays de prendre la présidence de la commission de l’UA, traine des casseroles de son passage en Afrique centrale, notamment au Gabon et au Congo où il avait exercé en tant qu’envoyé de l’ancien secrétaire général de l’Onu». «Empochant la coquette somme de 200 000 euros des mains du président Gabonais, Ali Bongo, l’ancien diplomate a tenu sa langue face à tout ce qui se passait dans le pays, notamment durant la période post-électorale. À ces 200 000 euros s’ajoute une autre somme de 50 000 euros cette fois», poursuit le journal en ligne. Selon les sources d’AfriqueConfidentielle, le diplomate a su convaincre un homme d’affaires sénégalais basé à Libreville de lui remettre la somme en contrepartie d’une protection et d’une garantie d’exfiltration en cas d’événements violents dans un pays en ébullition à l’époque. Et le pouvoir va certainement déterrer d’autres problèmes impliquant l’ancien patron de la LD.

Walf

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