Casamance: des populations marchent contre un projet d'extraction de zircon
Des populations de la Casamance ont marché ce dimanche matin, à travers les rues de Ziguinchor, pour s'opposer à un projet d'extraction de zircon, prévu dans la façade atlantique, située au nord-ouest de la région, par la société australienne Astron. Les marcheurs brandissant des banderoles où on pouvait lire, entre autres, ''La Casamance n'est pas à vendre, nous gardons nos rizières à tout prix, ne touchez pas à ma dune, Niafrang nous résisterons, sauvez la Casamance, non à Carnésie Astron nous résisterons,... '', les manifestants, ont marché sur une distance de deux kilomètres environ avant d'atterrir à la gouvernance de Ziguinchor pour remettre un mémorandum au gouverneur de la région.
Ousmane Sané, le chargé de communication du Comité contre l'exploitation du zircon en Casamance et coordonnateur de la marche, indique que lui et ses amis s'opposent à ce projet parce qu'il est prévu dans une aire maritime, protégée, ce que les populations rejettent.
''L'Etat a donné l'autorisation pour l'exploitation du zircon dans une zone qui est une aire maritime protégée. Après deux audiences publiques pour demander son aval, la population a dit non pour ce projet. Mais malgré ce rejet et les pétions internationales lancées, l'Etat a octroyé une autorisation d'exploitation de ce zircon à l'entreprise australienne Carnésie Astron. C'est pourquoi, nous sommes marchons aujourd'hui à Ziguinchor pour demander à l'Etat d'annuler ce projet d'extraction'', a indiqué Ousmane Sané qui note que ce projet entraînerait de graves conséquences environnementales d'une part et pourrait réveiller le conflit casamançais d'autre part.
''À l'ouest, il y a une forêt de mangrove, des bolongs et l'océan Atlantique et à l'est des rizières, des habitations et des plantations. Certes, nous savons que la remontée des eaux est un phénomène mondial, mais cette digue est quand même naturelle et si jamais on exploitait cette digue naturelle à raison de 5 000 tonnes de zircon par an, cela va précipiter l'avancée de la mer, de l'eau l'eau salée dans les rizières, les plantations et les maisons. Nous avons dit que cet écosystème n'était pas adapté à ce genre de projet, c'est pourquoi nous ne le voulons pas. Il y a aussi un risque sécuritaire, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) a fait plusieurs déclarations pour dénoncer cette exploitation minière. Nous craignons une recrudescence de la violence, nous craignons de voir le conflit revenir en Casamance'', laisse t-il entendre.
À signaler que les responsables des marcheurs ont été reçus dans le bureau du gouverneur par ce dernier mais rien n'a filtré de leur entrevue.
Mamadou Alpha Diallo