Casamance: Les populations du Narang-ouest réclament au gouvernement des infracstructures sociales de base
Les populations du Narang-ouest, une zone regroupant une dizaine de villages près de la frontière gambienne, demandent, avec insistance, l’intervention des autorités sénégalaises pour doter leur localité de voies de communication et d’infrastructures sociales de base, le samedi soir à Macouda, a constaté la Pana sur place. C’était lors d’un grand forum, organisé pour le retour d’une paix définitive en Casamance, présidé par l’ancien ministre d’Etat Robert Sagna qui dirige le Groupe de réflexion pour la paix en Casamance.
Selon Fatou Diatta qui parlait au nom des groupements de femmes de la zone, le Narang est regorgé de fruits aujourd’hui mais leur évacuation vers les marchés d’écoulement pose un sérieux problème à cause de l’absence de routes praticables. Aussi, demande t-elle, au nom de tous les groupements de femmes de la localité, à ce que le gouvernement y mette en place des projets de bitumage de routes pour leur faciliter l’accès à Diouloulou, localité de croisement de la route Bignona-Banjul et celle Diouloulou Kafontine, toutes bitumées.
‘’Vous voyez nous avons toutes sortes de fruits ici (bananes, oranges, mandarines, pains de singe, pamplemousses, citrons et papayes) et des tubercules (maniocs et ignames), mais nous ne pouvons pas les vendre parce que nos routes ne sont pas praticables, donc nous ne pouvons pas les évacuer vers les grandes villes. Nous souffrons énormément de cet enclavement qui freine toutes nos actions de développement. Nous demandons au gouvernement de nous bitumer nos routes pour que nous puissions sortir facilement nos produits vers les grands marchés’’, a-t-elle indiqué avant de souligner qu’également l’absence de dispensaires ou maternités équipés dans la zone tout comme des ambulanciers pour évacuer les personnes malades ou les femmes devant accoucher constitue une grande équation pour les habitants en insistant particulièrement sur ce dernier point.
‘’L’un de nos principaux problèmes ici, c’est aussi l’absence de structures de santé équipés. Il y a également une absence totale d’ambulances, les femmes accouchent à domicile avant d’être transférées à la maternité et ce transfert se fait à l’aide de moto-taxis avec tout le risque que cela comporte pour le bébé. Nous demandons à ce que les autorités nous aident à avoir des ambulances pour mettre fin à notre calvaire’’, lance t-elle.
Lamine Coly, un chef de village qui parlait au nom de ses pairs abonde dans le même sens, soulignant que développer leur localité, c’est aussi une manière de restaurer la paix parce que le développement et la paix constituent un binôme qui va ensemble. Dans la même foulée, il a souligné les difficultés vécues par les populations de la zone du fait de l’absence de forages.
‘’Le développement, c’est l’autre nom de la paix, il ne peut pas y avoir de paix sans développement et vice-versa, donc il faut nous aider pour que tous nos axes routiers soient goudronnés. Et aussi, il faut finaliser le forage en construction de Dombondir et créer d’autres parce que nous manquons d’eau, or cette denrée est plus que nécessaire ici pour notre survie et aussi pour permettre à nos femmes d’arroser leurs vergers et continuer à produire les produits que vous voyez ici en surabondance’’, a-t-il mentionné.
Sur un autre plan, Lamine Coly demande à ce que leur zone ait un lycée moderne pour mettre fin à la déperdition scolaire de leurs jeunes qui, selon lui, après l’obtention du brevet d’études moyennes sont obligés d’arrêter leurs études faute de tuteurs dans les centres urbains.
Mamadou Alpha Diallo (in fos15.com)