Casamance : Sécurité, Justice et Espérance de Paix (Par Amadou SYLLA)

15 - Mars - 2026

La disparition d’un militaire sénégalais lors d’une opération de sécurisation à Kadialock nous rappelle, une fois encore, le prix humain de la stabilité en Casamance. Derrière chaque communiqué officiel, il y a une vie, une famille, un destin interrompu. Il y a aussi des soldats qui continuent de patrouiller, de protéger et de risquer leur vie pour que les populations vivent en paix.

Depuis plusieurs décennies, la Casamance est à la fois une terre de beauté et une terre blessée. Région riche de ses cultures, de ses terres fertiles et de sa diversité humaine, elle a aussi été marquée par un conflit de basse intensité qui a fragilisé les communautés, ralenti le développement et nourri des réseaux parallèles de trafics et d’insécurité.

Aujourd’hui, la réalité du terrain est complexe. Le conflit historique s’est transformé. À côté des revendications politiques qui ont marqué les premières années de la crise, se sont développées des dynamiques criminelles : trafic de bois, de drogue, d’armes ou d’autres ressources illicites. Ces activités entretiennent des groupes armés et fragilisent les efforts de stabilisation.
Dans ce contexte, l’action des forces de défense et de sécurité reste essentielle. Leur présence vise à protéger les populations, à sécuriser les frontières et à démanteler les réseaux criminels. Mais la sécurité militaire, à elle seule, ne peut suffire à construire une paix durable.

La véritable paix en Casamance repose sur trois piliers indissociables.
La sécurité, d’abord, qui protège les populations et empêche la reconstitution des groupes armés et des trafics. Sans sécurité, aucun développement durable n’est possible.
La justice et la réconciliation, ensuite. Les blessures de l’histoire ne disparaissent pas par le silence. Elles doivent être reconnues, apaisées et dépassées par un travail patient de dialogue, de réparation et de confiance.
Le développement, enfin. Routes, écoles, agriculture, emplois pour les jeunes : lorsque les populations voient concrètement les fruits de la paix, elles deviennent les premières gardiennes de la stabilité.

La Casamance n’a pas vocation à rester une périphérie fragile. Elle peut devenir un pont entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau, un espace d’échanges économiques, culturels et humains.
Mais cela exige une vision collective : l’État, les collectivités locales, les chefs traditionnels, les organisations de la société civile, la diaspora et les partenaires internationaux doivent avancer ensemble.
Chaque soldat tombé rappelle l’urgence de cette mission. Leur sacrifice ne doit pas seulement être honoré par des mots, mais par un engagement renouvelé pour que la Casamance tourne définitivement la page de la violence.
La paix n’est pas seulement l’absence d’armes.
Elle est la présence de justice, de dignité et d’espérance.
Et c’est cette paix-là que la Casamance mérite. 

Amadou SYLLA,  Delegué General de l’association SOS Casamance- Paris

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

31 - Août - 2026

Attaque au Mali : l’un des trois ressortissants chinois évacués à Dakar succombe à ses blessures

Trois ressortissants chinois, grièvement blessés par balle le mercredi 26 août, ont été admis aux urgences de l’hôpital Principal de Dakar. L’un...

31 - Août - 2026

Dominique de Villepin : «La première personne que je ferai entrer au Panthéon sera un tirailleur sénégalais»

Dominique de Villepin, Premier ministre français (2005 à 2007) sous la présidence de Jacques Chirac, a annoncé que la «première personne» qu’il...

28 - Août - 2026

CDD de quatre ans au Sénégal : les syndicats dénoncent un recul des droits des travailleurs

CDD de quatre ans au Sénégal : les syndicats dénoncent un recul des droits des travailleurs. La réforme du Code du travail et du Code de sécurité sociale...

28 - Août - 2026

Délabrement des ponts de Ziguinchor : Guy Marius Sagna charge le gouvernement

Depuis Ziguinchor, sous l'ouvrage du deuxième pont de Tobor, le député de la 15ᵉ législature Guy Marius Sagna a livré une déclaration virulente à...

28 - Août - 2026

TENSIONS DANS LA CITÉ SAINTE : Serigne Abdou Sy Al-Makhtoum accuse Serigne Moustapha Sy d'avoir reçu des fonds politiques pour l

Invité de la matinale de la RFM ce jeudi 27 août 2026, Serigne Abdou Sy Al-Makhtoum est largement revenu sur les récentes sorties médiatiques de son frère,...