Casamance : Une vingtaine de personnes arrêtées par les forces de sécurité
La gendarmerie a opéré des arrestations dans le cadre de l'enquête, ouverte en vue de retrouver les auteurs de l'attaque qui a eu lieu la semaine dernière dans la forêt de Bayotte, située à une dizaine de kilomètres au sud de Ziguinchor. Au total, une vingtaine de personnes dont une femme ont été interpellées dans le village de Toubacouta, situé non loin de cette forêt de Bayotte, ce dimanche à l'aube par la gendarmerie sénégalaise, annoncent des sources concordantes à notre site.
Pour rappel, cette attaque qui a secoué tout le pays s'était soldée par la mort de 15 personnes parties chercher du bois dans cette forêt, tous froidement tués par des individus non identifiés que certains ont vite fait d'assimiler à des combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance, à cause de leur mode opératoire.
Selon ces sources, c'est à l'aube que les gendarmes ont effectué une descente à Toubacouta pour arrêter ces personnes qui ont été aussitôt transférées à la gendarmerie de Ziguinchor pour être entendues. Ces mêmes sources signalent que parmi les personnes, appréhendées figurent les quatre jeunes de ce village qui avaient été jugés et condamnés récemment suite à un incident qui s'était produit le 30 novembre dernier dans cette même localité. Le comité de surveillance de ce village, chargé de surveiller la forêt contre le braconnage ambiant s'était accroché à des jeunes, venus de Ziguinchor pour couper clandestinement du bois dans cette forêt, l'objet d'un pillage sans précédent. Chose à laquelle les villageois s'étaient opposés, ce qui avait provoqué des échauffourées entre les deux parties.
Cet incident avait atterri au tribunal de Ziguinchor et à l'issue du procès quatre jeunes, membres de ce comité de surveillance de ce village de Toubacouta avaient été condamnés à un mois de prison ferme. Peine qu'ils ont purgée, malgré toutes les démarches menées par les sages de la localité pour une mesure d'apaisement.
Et au vu de ces derniers développements, on commence à penser que cet incident n'est pas étranger à l'attaque de la semaine passée. Autrement, la thèse d'un règlement de compte, comme l'avaient indiqué certains observateurs avisés, est, de plus en plus, plausible. Nous serons édifiés dans les jours à venir avec certainement l'évolution de l'enquête.
À noter qu'au même moment, on annonce des braquages dans diverses localités de la région comme ce fut le cas dans la nuit de vendredi à samedi dans le village de Niabalang, situé sur l'axe Ziguinchor-Cap-Skring où des hommes armés ont dévalisé un boutiquier qui a perdu de l'argent et des biens matériels au cours de cette attaque. Ce dimanche à l'aube également, des jeunes villageois qui transportaient des sacs d'arachides avec des vélos pour aller les vendre ont eu la mésaventure de tomber sur une dizaine d'hommes, armés de fusils entre les villages de Bofa-Diola et Tampe, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Ziguinchor qui les ont braqués et puis pris leurs vélos et la marchandise avant de se fondre dans la nature. A en croire une source contactée dans la zone, ces jeunes sont restés un bon moment entre les mains des assaillants avant d'être libérés.
Sur un autre plan, il faut signaler que l'opération de ratissage de l'armée sénégalaise, déclenchée au lendemain de cette attaque, se poursuit sur le terrain. Les populations de Ziguinchor sont réveillées presque tous les jours par des tirs à l'arme lourde qui partent parfois du camp militaire, créant une forte panique chez les populations. Une panique renforcée par le survol permanent d'hélicos.
Mamadou Alpha Diallo (infos15.com)