Cheikh Tidiane Gadio énerve l'ambassadeur au Sénégal
La cérémonie de dédicace du livre de l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, Sahara marocain : enjeux géopolitiques d’une question majeure pour le Maroc, lundi dernier au siège de la maison d’édition L’Harmattan, a été marquée par un vif échange entre Cheikh Tidiane Gadio et l’ambassadeur de la Mauritanie à Dakar, Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane. À la déclaration du premier sur les relations sénégalo-marocaines, «Nous, Sénégalais, dans notre imaginaire, avons grandi quasiment avec l’idée que le Maroc était à quelques kilomètres du Sénégal», le second a rétorqué : «J’ai écouté les propos de M. Gadio. J’espère que ce n’est pas l’avis de tous les Sénégalais [à propos] de la position (géographique) de la Mauritanie».
Le diplomate mauritanien de marteler : «Votre voisin, c’est la Mauritanie. Ce sont les Mauritaniens qui ont combattu les colons à Saint-Louis dans les années 1800. […] Il y a un peuple à côté de vous qui s’appelle la Mauritanie. C’est un pays de 1 800 000 m2. C’est celui qui assure aujourd’hui la stabilité du Sahel.»
D’après L’AS, qui a rapporté l’incident, l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise a repris le micro pour s’expliquer. «Vous ne m’avez pas du tout compris. Vous avez compris tout le contraire de ce que j’ai dit, a regretté Cheikh Tidiane Gadio. On va prendre le temps de se parler. De tous les diplomates sénégalais, je serai le dernier à qui on peut donner des leçons sur la Mauritanie. Ma sœur qui vient après moi est une Mauritanienne.»
Poursuivant, l’ancien ministre de Wade souligne que «quand on parle du Tekrour, qui allait jusqu’à Toumbouctou, entre le 9e et le 10e siècle, pour les gens du Tekrour qui communiquaient avec les Almoravides, nous les Sénégalais avons grandi dans notre imaginaire que c’était cela l’empire du Tekrour. En ces temps, ni le Sénégal ni le Maroc n’existaient. Personne ne peut me prendre à défaut sur ces questions».
L’ambassadeur dut monter au créneau pour tempérer les ardeurs, selon L’AS, qui a repris ses propos : «On peut comprendre, parfois, que certains rappels historiques assez lointains sont non conformes aux réalités d’aujourd’hui. Mais, nous respectons tous les pays de la zone. Il n’y a vraiment pas de petits ou de grands pays. Nous sommes tous des pays amis et frères.»