Contrôlés en sortie scolaire: "Nous allons engager la responsabilité de l'Etat"

11 - Avril - 2017
"Je veux que ça change, pour que ce qui m'est arrivé n'arrive pas à mon fils plus tard." Mamadou, 18 ans, semble déterminé. Devant une dizaine de journalistes, il dit ce lundi sa volonté de faire cesser les contrôles d'identité pendant les sorties scolaires. Il répète son ras-le-bol d'être ciblé par les policiers "en raison de sa couleur de peau". Et pour cause, l'humiliation qu'il dit avoir vécue le 1er mars dernier avec deux de ses camarades, devant sa classe et sa professeure à Gare du Nord, l'a marqué. 
 
Comme le racontait à l'Express sa professeure de lettres et histoire, Elise Boscherel, trois élèves de sa classe de terminale au lycée Louise Michel à Epinay-sur-Seine ont été contrôlés lors d'une sortie scolaire alors qu'ils revenaient de Bruxelles. L'échange est mouvementé: Mamadou est tiré par le bras puis fouillé, Ilyas est interpellé par un policier directement sur le quai, Zakaria doit ouvrir sa valise en plein milieu du hall de la gare.  
 
Leur professeure est atterrée. "Je pensais avoir conscience de ce que mes élèves vivaient, mais en partageant leur quotidien pendant deux jours, la réalité m'a réellement rattrapée," racontait-elle fin mars. Elle souhaite à présent engager la responsabilité de l'Etat pour que de telles choses n'arrivent plus.  
 
Une "jeunesse maltraitée"
Pour ce faire, Elise Boscherel a rapidement décidé de porter plainte contre ces agents. Mais au commissariat, le policier refuse de prendre une plainte contre un collègue. Elle contacte alors un avocat, Me Slim Ben Achour. Elle tente d'alerter son ministère de tutelle, l'Education, et le ministère de l'Intérieur, sur cette situation. En vain. Elle a donc décidé d'interpeller les médias en organisant une conférence de presse ce lundi, en compagnie de son conseil. 
 
"Les autorités ne prennent pas au sérieux les droits de ceux qui viennent des quartiers", insiste Me Ben Achour. L'avocat insiste sur le fait qu'il s'agit de "discrimination raciale". C'est en ce sens, en s'appuyant sur la condamnation de l'Etat pour contrôle au faciès en novembre dernier, qu'il saisira la Cour de cassation ainsi que le Défenseur des droits dans les jours à venir. "Nous ne pouvons pas laisser notre jeunesse être maltraitée de la sorte", s'insurge l'avocat, rappelant que c'est pour échapper à un contrôle de police que Zyed et Bouna -dont le décès à Clichy-sous-Bois est à l'origine des émeutes de 2005- ont fui.  
 
Avec Lexoress
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