"Dakar connection": 4 suspects déférés

31 - Mars - 2017

Immigration: 4 personnes soupçonnées d'avoir organisé et participé à un lucratif réseau d'immigration clandestine déférées au tribunal.

Quatre personnes ont été déférées vendredi au tribunal de Bobigny pour être présentées à un juge d'instruction, soupçonnées d'avoir organisé et participé à un lucratif réseau d'immigration clandestine entre le Sénégal et la France, a-t-on appris auprès du parquet.

Quinze personnes au total avaient été arrêtées lundi en région parisienne et près de Bordeaux. Onze d'entre elles ont été relâchées, a précisé le parquet.

Parmi les personnes déférées à Bobigny figure la tête de réseau présumée, un Sénégalais connu des services de police, selon une source judiciaire.

"Ce réseau, actif depuis près de deux ans, a connu un pic d'activité récent grâce à un mode opératoire astucieux qui permettait à ses clients d'obtenir indûment la nationalité française en trompant le Service central de l'état civil (SCEC) de Nantes", avait expliqué à l'AFP une source policière.

Le stratagème était très difficile à mettre au jour: le réseau déposait des dossiers de reconnaissance de la nationalité française, en disant que le demandeur était un enfant de Franco-Sénégalais ou de Français nés à l'étranger.

Le bureau de Nantes envoyait un courrier au pays d'origine pour s'assurer de la véracité de ces informations. Grâce à des complices dans les bureaux d'état civil, les courriers étaient interceptés puis remis à des faussaires qui fabriquaient à la demande les justificatifs réclamés.

Les dossiers étaient alors renvoyés aux autorités françaises qui délivraient d'authentiques certificats de nationalité française.

"Une soixantaine de dossiers" ont été interceptés par les policiers de l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titres (Ocriest), qui estiment à une centaine le nombre de personnes susceptibles d'avoir fait appel au réseau.

Le trafic était prospère, l'obtention de la nationalité française étant facturée de 10.000 à 12.000 euros et payable à l'avance, a précisé une source policière.

Les enquêteurs estiment que le patrimoine du chef de réseau s'élève à plusieurs centaines de milliers d'euros. Des investigations ont été lancées pour suivre ses transactions depuis la France.

Ce réseau proposait également des kits complets de documents trafiqués (fausses copies littérales d'actes de naissance, justificatifs de séjour, états civils contrefaits...).

Le parquet de Bobigny a ouvert une information judiciaire pour aide au séjour en bande organisée, faux documents administratifs, escroquerie en bande organisée et association de malfaiteurs.

 AFP

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

18 - Septembre - 2025

Haute Cour de justice : les cinq anciens ministres de Macky Sall fixés en début...

À en croire Wal fadjri, l'instruction des dossiers des cinq anciens ministres inculpés par la Haute Cour de Justice, ouverte en mai dernier, touche à sa fin. Ces derniers...

18 - Septembre - 2025

Haute Cour de justice : Cinq autres anciens ministres de Macky Sall bientôt convoqués

La commission d’instruction de la Haute cour de justice prévoit l'ouverture prochaine d'une seconde vague de poursuites visant d'autres anciens ministres, affirme Wal fadjri, citant...

18 - Septembre - 2025

Amy Samaké arrêtée : Le détournement de 2 milliards de francs CFA au PTN à l'origine

Ancienne directrice de la Case des tout-petits sous Abdoulaye Wade, Amy Samaké a été arrêtée et placée en garde à vue par la Section de recherches...

17 - Septembre - 2025

Scandale financier au ministère du Numérique : Amy Samaké, ancienne directrice de la Case des Tout-petits, et d'Hélène Ndoukité Diouf, actuelle Directrice de l’administration générale arrêtées, l'ancien ministre Me Moussa Bocar Thiam visé

Une affaire de détournement de fonds publics secoue le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. Le Pôle judiciaire financier...

17 - Septembre - 2025

Pourquoi le juge a ordonné le transfert de Farba Ngom au pavillon spécial au lieu d'une liberté provisoire

Dans son ordonnance rendue le 12 septembre dernier, consultée par Libération, le juge d’instruction a refusé d’accorder la liberté provisoire à...