DAME JUSTICE EN PRIME TIME ! (PAR IBRAHIMA THIAM)

16 - Janvier - 2026

Qu’avons-nous donc fait au Bon Dieu pour mériter un État de droit qui s’explique désormais au micro ? Autrefois, la justice parlait par ses décisions. Aujourd’hui, elle préfère manifestement les conférences de presse : plus conviviales, plus pédagogiques, et surtout plus politiques.

Dans le Sénégal nouveau du Jub – Jubbal – Jubanti, ce n’est plus le procureur qui s’exprime sur les dossiers en cours — trop banal, trop technique — mais le ministre de la Justice lui-même, visiblement reconverti en porte-parole judiciaire. La séparation des pouvoirs ? Un vieux concept importé, mal adapté à nos réalités tropicales.

Et comme toute bonne série a besoin de rebondissements, le casting ne s’arrête pas là. Voici maintenant le député-commentateur judiciaire, consultant permanent sur les plateaux de télévision, expliquant avec assurance le contenu de dossiers qu’il n’est pourtant pas censé connaître. À quand le téléspectateur-juge et le chroniqueur-verdict ?

Le peuple pensait avoir confié le pouvoir à un messie de service, avec ses quatre mille cadres pour redresser l’économie, apaiser la société et offrir des perspectives à la jeunesse. Mais les promesses se heurtent à la réalité : erreur de casting. Gouverner est fatigant ; commenter, soupçonner et insinuer est bien plus divertissant. Faute de solutions concrètes, le pouvoir se rabat sur les détails, la mise en scène et une méchanceté élevée au rang de méthode politique.

En tant qu’acteur politique, je ne défends pas un homme, et je ne suis ni proche ni ami de Farba Ngom. Mais dans une République digne de ce nom, la présomption d’innocence n’est pas une option et ne dépend pas du capital de sympathie du prévenu. Elle est un principe fondamental que ce pouvoir piétine au gré de ses intérêts et de ses calculs politiciens.

Refuser de défendre ces principes aujourd’hui, sous prétexte qu’ils protègent quelqu’un qu’on n’aime pas, c’est accepter qu’ils disparaissent demain pour tous. Et là réside le vrai danger pour notre démocratie.

Alors, posons la seule vraie question :
à quoi sert encore la justice, quand le pouvoir préfère le tribunal de l’opinion au respect de la République ?

Ibrahima Thiam
Président du parti ACT

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

02 - Mai - 2025

En ce 1er Mai, célébrons la dignité du travail et l’esprit de progrès !

Chers travailleuses et travailleurs du Sénégal, En ce jour symbolique du 1er Mai, journée internationale des travailleurs, je tiens à vous exprimer, au nom de...

02 - Mai - 2025

Du caractère inepte des Pôles territoriaux de développement (par Pape Sarr)

Errare humanum est, perseverare diabolicum a dit l’adage, ce qui signifie que l'erreur est humaine, puisqu’aucune construction humaine n’est à l’abri d’une...

02 - Mai - 2025

DIOMAYE ET SONKO RÉAFFIRMENT LEUR LEADERSHIP PARTICIPATIF ( Par Mohamed GASSAMA)

Ceux qui s’intéressent à la gestion des affaires de la cité ou à l’expansion et au rayonnement des entreprises publiques ou privées...

30 - Avril - 2025

La France, «patrie de bravoure», ne se définit «ni par une race, ni par une religion» déclare Macron

Emmanuel Macron a déclaré, aujourd'hui,  devant plusieurs dizaines de légionnaires que la France est une «patrie de volonté et de bravoure, qui ne se...

30 - Avril - 2025

Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 30 avril 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 30 avril 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au...