Election présidentielle au Sénégal, allons voter et évitons les divisions

21 - Février - 2019

Le 24 février, il est question de choisir parmi 5 candidats, celui qui va diriger le pays pendant les 5 prochaines années. Voter est un droit et un devoir qui a été obtenu de haute lutte par nos anciens. Choisir librement son candidat est naturel et doit être respecté dans une démocratie. Même si les élections organisées régulièrement au Sénégal ne sont pas toutes exemptées de critiques, dans l’Afrique au sud du Sahara, notre pays fait figure de premier de la cordée en matière d’élections.
Il n’est donc pas question d’une élection entre Haalpular et Woloff, entre Tidiane et Mouride, entre le sud et le nord, entre Salafistes et Sunnites, encore moins entre jeunes et vieux. Dans son Article Premier, le Constitution du Sénégal proclame : « la République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion. Elle respecte toutes les croyances. »
Plus loin dans l’Article 4, il dit : « Les partis politiques et coalitions de partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils sont tenus de respecter la Constitution ainsi que les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Il leur est interdit de s’identifier à une race, à une ethnie, à un sexe, à une religion, à une secte, à une langue ou à une région. Les conditions dans lesquelles les partis politiques et les coalitions de partis politiques sont formés, exercent et cessent leurs activités, sont déterminées par la loi. » Et enfin l’Article 5 nous dit : « tout acte de discrimination raciale, ethnique ou religieuse, de même que toute propagande régionaliste pouvant porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ou à l’intégrité du territoire de la République sont punis par la loi. »
Mais, nous pouvons nous doter des meilleurs textes législatifs, si derrière il n’y pas une bonne éducation des masses, ces verrous que nous avons posé pour sécuriser la cohésion sociale ne tiendront pas surtout avec la liberté offerte par les réseaux sociaux qui échappent même au contrôle du plus puissant des états du monde. C’est ainsi que nous avons vu des vidéos et entendu des audios qui circulent à travers WhatsApp et Facebook qui appellent une communauté à voter pour ou contre un candidat parce qu’il est de telle ou telle Tarikha, qu’il vient du sud du pays ou qu’il est d’une autre sensibilité religieuse. Notre devise nationale se décline sous le triptyque « Un Peuple, Un But, Une Foi ». Le terme Peuple renvoie à Nation qui signifie : groupe humain assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun. Cela veut dire, dans nos différences nous devons être capable de vivre ensemble et de bâtir cette Nation. L’unicité du But que nous visons doit nous pousser à œuvrer dans la même direction, dans le respects de tout ce qui pourrait nous distinguer. Noter qu’il y a une différence entre « distinguer et diviser ». Pour définir la foi par rapport à la laïcité de notre République, je privilégie cette définition de la foi qui dit : « assurance donnée d'être fidèle à sa parole, d'accomplir exactement ce que l'on a promis». Ce qui veut dire nous avons promis d’être Un seul Peuple, nous avons promis d’avoir Un seul But, alors nous devons donner une assurance à notre Peuple, à toute l’humanité que nous allons tenir cette profession de Foi.
Loin de nous poser en donneur de leçon, nous pensons simplement qu’il est de notre devoir d’alerter face à des menaces beaucoup dévastatrices qu’une simple opposition entre militants de partis politiques différents. Nous ne devons pas nous taire par opportunisme parce que les piques lancées contre une Tarikha, une ethnie ou une région nous arrangent pour faire voter pour ou contre un candidat. Un adage bien connu chez nous dit « le Sénégal est un et indivisible », donc votons pour notre candidat et restons grouper car le monde nous observe.
Ibrahima Wade, Coalition Idy2019 Belgique

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