GESTION DU CONFLIT CASAMANÇAIS : CES ATTAQUES INACCEPTABLES D’UNE ANCIENNE MINISTRE ET D’UN DEPUTE CONTRE ROBERT SAGNA, PIERRE GOUDIABY ATEPA ET D’AUTRES CADRES DE LA REGION
L’ancien ministre d’Etat Robert Sagna et leader du RSD/TDS et Pierre Goudiaby Atépa, le président du collectif des cadres casamançais ont, ces derniers jours, fait l’objet d’une série d’attaques de la part de personnes (une ancienne ministre et un député) qui remettent en cause le travail qu’ils ont abattu pour le retour de la paix en Casamance. Et au-delà de ces deux grandes personnalités, tous les Casamançais qui essayent d’apporter leur contribution dans la recherche de la paix ont été cloués au pilori. L’honorable député a été particulièrement virulent dans ses attaques en règle contre ces cadres casamançais, laissant sous-entendre que ces derniers manquent de sincérité dans leurs agissements. Ce qui est à la fois surprenant et inacceptable. Ces attaques injustifiées traduisent la méconnaissance de leurs auteurs de la gestion du conflit casamançais ou un mépris à l’égard des personnes ciblées. En fait, contrairement à ces affirmations, ces deux hauts cadres casamançais visés par ces attaques ont consenti de très gros efforts et continuent de le faire pour l’avènement d’une paix définitive en Casamance. Et tous les observateurs de l’évolution de cette crise sont unanimes à le reconnaitre.
Robert Sagna, un interlocuteur incontournable dans la recherche de la paix en Casamance
Pour ce qui est de Robert Sagna d’abord, il a, dès le début de ce conflit, pris une initiative personnelle et salutaire d’œuvrer dans le sens de trouver une solution à celui-ci, avec lui, d’autres cadres casamançais comme feu le professeur Assane Seck. Le leader du RSD/TDS a incontestablement joué un très grand rôle dans l’apaisement de la Casamance et cela sans attendre d’être investi de façon officielle par un décret présidentiel pour cette mission. Se fondant sur ses connaissances de la sociologie de la région et sur son incontestable charisme, il a vite cerné le problème et avait compris qu’il fallait avoir des appuis dans les villages et notamment sur les organisations traditionnelles pour pouvoir avoir un dialogue fructueux avec les combattants du maquis. C’est davantage les appuis, les passerelles sur lesquels les émissaires de paix s’appuient qui importent que ces négociateurs eux-mêmes, aime-t-il dire souvent à ses interlocuteurs.
Et quand le président Abdou Diouf avait compris que la négociation était la voie indiquée pour trouver une solution au conflit, il avait porté son choix sur lui pour décrisper la situation, en 1999. Le dossier avait connu des avancées significatives en un laps de temps. Son travail de terrain et de contacts discrets avait permis d’abord de restaurer l’unité au sein du Mfdc grâce aux assises de Banjul de juin 1999 dont il avait favorisé la tenue en sollicitant et bénéficiant bien entendu des bons offices du président Yaya Jammeh. Cette unité retrouvée des indépendantistes débouchera sur l’ouverture des premières négociations entre le Mfdc et le gouvernement, c’était au mois de novembre de la même année à Banjul toujours. Ce processus aboutira, deux mois plus tard, à la mise en place d’une structure mixte qui s’appelait la Mocap (mission d’observation et de consolidation des accords de paix) qui sera portée sur les fonds baptismaux à la gouvernance de Ziguinchor avec les bons offices de la Gambie et de la Guinée-Bissau. Avec la création de cette structure qui était composée de responsables du Mfdc, du gouvernement du Sénégal, du comité clérical (église), de la société civile et deux pays garants la Gambie et la Guinée-Bissau, on était à un doigt d’une paix définitive en Casamance. C’est la remise en cause de ces acquis par le président Abdoulaye Wade qui prendra deux mois, plus tard, le pouvoir qui compromettra cette paix qui était quasi-acquise. Mais cela ne découragera pas Robert Sagna qui se plait à dire à tous ses interlocuteurs avec qui il échange, au sujet de ce conflit, que la recherche de la paix est un sacerdoce pour lui. Il continuera à s’investir sans relâche pour une paix définitive. Et quand Macky Sall est arrivé au pouvoir, il a lui a manifesté sa confiance et lui a demandé de l’aider à ramener cette paix. Son premier acte consistera à faire libérer les soldats sénégalais faits prisonniers par Salif Sadio en 2011. Sans son intervention, ces soldats seraient encore, peut-être, entre les mains de Salif Sadio. C’est encore grâce à lui que, les 12 démineurs, pris en otage par des combattants du chef de guerre César Atoute Badiate, au mois de mai 2013, ont été libérés. Depuis l’avènement de Macky Sall au pouvoir, l’essentiel du travail qui a été fait pour restaurer la paix dans la région, est à l’actif de l’ancien maire de Ziguinchor. Il parcourt la Casamance, de long en large, avec ses collaborateurs du Groupe de Réflexion pour la Paix en Casamance (GRPC), avec le prétexte d’animer des forums de développement. Mais, en réalité, ces forums c’est aussi et surtout pour pouvoir rencontrer les combattants du Mfdc pour discuter avec eux de la nécessité de restaurer la paix dans la région.
Robert Sagna a traversé des zones réputées très dangereuses de la Casamance au péril de sa vie à cause de la présence de mines ou de bases rebelles du Mfdc pour prêcher la paix, alors que pendant ce temps ceux qui essayent de jeter du discrédit sur lui et qui, peut-être, ne connaissent même pas la Casamance, dorment tranquillement dans leurs villas à Dakar. Il a bravé les moustiques, les serpents ou les fortes pluies de Casamance, à des heures tardives parfois, en vue d’honorer des rendez-vous avec des chefs de guerre du Mfdc dans la forêt casamançaise. Robert Sagna, de par son aura et son charisme, est un interlocuteur incontournable dans la recherche de la paix en Casamance.
Pierre Goudiaby Atépa, l’un des plus grands artisans de la paix en Casamance
Quant à Pierre Goudiaby Atépa, il a incontestablement beaucoup œuvré pour la paix en Casamance. Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’il est l’un des plus grands artisans de la paix en Casamance. Il s’est investi, durant des années, pour la construction de cette paix. Il a parcouru, de jour comme de nuit, des axes sinueux de la Casamance en vue de prendre part à des rencontres visant à restaurer la paix. Parfois, il passait des jours, dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, dans des conditions de vie extrêmement difficiles, pour pouvoir rencontrer des chefs de guerre du Mfdc et essayer de les convaincre de déposer les armes. Il quittait dès fois à des heures tardives, Sao-Domingos (Guinée-Bissau) avec son ami Abdou Sarr, le directeur de l’Ong américaine World Education qui l’a beaucoup épaulé dans sa mission pour revenir à Ziguinchor. Parfois, il débarquait à Ziguinchor sans véhicule et c’est à bord de vieux taxis qu’il se déplaçait pour accomplir ses missions de paix. Il a été un des éléments clés de la signature des accords de paix du 30 décembre 2004 à Ziguinchor, entre le régime du président Wade et le Mfdc, conduit par l’abbé Diamacoune Senghor la figure historique du mouvement indépendantiste.
Et toutes les actions qu’il a menées sur le terrain, il l’a fait à ses frais. Il a investi de gros moyens, tirés de sa poche dans la recherche de la paix, par devoir citoyen et non pour chercher des décrets de nomination. Donc, ceux qui veulent le peindre comme un pyromane le font par méchanceté.
Stop aux fossoyeurs du retour de la paix en Casamance
C’est eux qui demandent la mise à l’écart des Casamançais qui, en réalité, ne veulent pas le retour de la paix. En fait, l’une des particularités notoires de la société casamançaise, c’est qu’elle très discrète et par conséquent il faut des gens qui savent décrypter les actes posés pour savoir sur quel levier s’appuyer pour amorcer un dialogue pouvant mener à la paix. Pour preuves, toutes les avancées significatives, obtenues dans la recherche de la paix l’ont été avec des natifs de la région (Marcel Bassène, Robert Sagna, Youba Sambou, Pierre Goudiaby Atépa,…). Me. Abdoulaye Wade avait voulu contourner les fils de la région, quand il est arrivé au pouvoir, et il avait lamentablement échoué. Donc il est du devoir des responsables politiques de la région de la région et notamment ceux de l’Apr (dont le silence par rapport à ces attaques est plus qu’inquiétant) de le rappeler à leurs camarades de parti qui heurtent la conscience de tous les Casamançais en traitant ‘’d’apprentis sorciers ou de pyromanes’’ de hautes personnalités respectées et respectables de la région qui s’investissent depuis des années pour y ramener la paix.
Mamadou Alpha Diallo (infos15.com)