Incendie à Médina-Gounass : l’intolérable négligence des autorités étatiques
L’incendie qui a causé 24 morts, 102 blessés, 13 véhicules calcinés, du bétail et de l’argent brûlés", à Médina-Gounass aurait-il pu être évité si le gouvernement avait pris certaines dispositions sécuritaires? En tout cas, il semble que c’est en partie sa négligence qui a conduit au drame.
« Nous nourrissons un grand regret aujourd’hui, dénonce dans Le Soleil Seydou Bâ, le maire de Médina-Gounass et président du comité d’organisation du « Daaka », puisque nous avions attiré l’attention des autorités dès le premier jour sur le manque d’eau. Le feu n’aurait pas pu connaître une telle ampleur s’il n’y avait pas ce manque d’eau. Ce qui veut dire que nous aurions pu éviter cet incendie. » Un pèlerin témoin du drame joint par téléphone par Dakaractu enfonce le clou : " l'Etat a failli, car au moment où l'incendie s'est déclaré, il n'y avait que trois citernes qui étaient toutes vides. Les gens étaient obligés d'aller jusqu'au village pour chercher de l'eau. Il n'y avait qu'une équipe de sapeurs pompiers qui ne pouvait qu'attendre que le feu se calme pour tenter de l'éteindre." Il ajoute: "Si l'Etat avait déployé suffisamment d’équipes de sapeurs pompiers et prévu plusieurs citernes, on n'en serait pas là! "
Le quotidien La Tribune ne dit pas autre chose : « Exaspération totale. Inquiétude. Désolation vive. Hélas, c’était prévisible. Permettre à autant de monde de se regrouper dans un endroit si exigu sans les mesures nécessaires, c’est les exposer au pire. Il y avait beaucoup de signes annonciateurs d’une telle tragédie. L’État a fermé l’œil. La responsabilité des organisateurs est engagée, poursuit mon confrère. [...] On s’indigne. Mais hélas, chez nous, l'indignation souvent collective et bruyante, ne dure que le temps d'une rose [...] Il y a tellement de drames qui se ressemblent. Il nous faut plus que des prières pour que ces genres de catastrophes ne se reproduisent plus… »
Loin de Sénégal, le site d’information Le Pays (Burkina Faso) abonde dans le même sens : « C’est le lieu d’en appeler à la responsabilité des autorités sénégalaises qui ne doivent plus se contenter, après chaque catastrophe, de présenter des condoléances aux familles des victimes. Il faut, en sus, des mesures rigoureuses pour parer désormais à toute éventualité, tant la comptabilité macabre devient longue. Sans chercher à ébranler la foi des pèlerins, pourquoi ne pas délocaliser le site, si tant est que le Dakaa de Medina Gounass est un endroit "accidentogène" ? »
Dans certains pays, le gouvernement serait poussé à la démission tant son négligence est lourde de conséquences.
Cheikh Sidou SYLLA