INONDATIONS : UN PLAN ABANDONNE, DIX ANS DE PROMESSES NOYEES (PAR SOREU MALICK)

20 - Août - 2025

En 2012, le Sénégal s’était donné une ambition historique : éradiquer les inondations en dix ans. Le Plan décennal de lutte contre les inondations, initié par le Premier ministre Abdoul Mbaye, prévoyait 766 milliards de FCFA pour transformer en profondeur la gestion des eaux pluviales et protéger durablement les populations.

Mais après le départ d’Abdoul Mbaye de la Primature en 2013, le plan a été abandonné. Les priorités ont changé, les budgets ont été dispersés, et l’approche globale a laissé place à des interventions ponctuelles, souvent improvisées. Résultat : quelques bassins de rétention et stations de pompage construits ici et là, mais sans coordination ni entretien suffisant.

Pendant ce temps, l’urbanisation anarchique a continué de grignoter les zones d’écoulement naturel, aggravant la situation. Chaque hivernage, les mêmes images reviennent : familles déplacées, routes impraticables, commerces ruinés, et une facture économique et sociale qui se répète inlassablement.

L’oubli coupable de l’assainissement domestique

Plus grave encore, un aspect essentiel est resté dans l’ombre : le raccordement des ménages aux réseaux d’assainissement. L’ONAS continue de facturer ces branchements, excluant de facto des milliers de familles modestes. Celles-ci se rabattent sur des fosses sceptiques ou des rejets dans les caniveaux, ce qui surcharge les réseaux et amplifie les inondations.

Comment prétendre régler le problème si les maisons elles-mêmes ne sont pas intégrées au système d’évacuation des eaux ? C’est un non-sens technique et une incohérence politique.

Un choix politique attendu

Mettre fin aux inondations n’est plus une affaire d’ingénierie. C’est une décision politique. Il faut :

1. Relancer et terminer la vision globale du plan décennal avec un financement durable et une protection stricte des zones inondables.

2. Rendre gratuits les branchements domestiques pour permettre à tous les ménages de se raccorder, et ainsi rentabiliser les milliards déjà investis.

Car la pluie ne négocie pas. Elle tombe, envahit, et rappelle cruellement que l’eau, au Sénégal, ne manque pas… mais que la volonté politique, elle, se fait rare.

Soreu Malick, Responsable politique ACT

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

05 - Mars - 2026

« NOUS [LUI] RECONNAISSONS DES QUALITES, UNE STATURE ET UNE EXPERIENCE SUBLIME POUR ETRE A LA TETE DE L’ONU » : MAMADOU DEME SOUTIENT LA CANDIDATURE DE MACKY SALL

Moi, je soutiens la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Je le lui avais dit de vive voix en 2019 et le président de la...

05 - Mars - 2026

Rationalisation du secteur parapublic : Ousmane Sonko engage une cure d’austérité structurante

Le gouvernement sénégalais a franchi un cap dans la réforme de l’État. À l’issue du Conseil des ministres du 4 mars 2026, le Premier ministre Ousmane...

05 - Mars - 2026

Guerre au Moyen‑Orient : l'Iran salue la solidarité sénégalaise face à l’agression américano-israélienne

L’ambassadeur de la République islamique d’Iran au Sénégal, Hassan Asgari, a exprimé la position officielle de son pays face aux frappes aériennes...

05 - Mars - 2026

Washington : Un ancien marine expulsé d’une audition au Sénat pour avoir protesté contre la guerre en Iran

Un vétéran des Marines a été violemment expulsé mercredi d’une audition de la sous-commission des forces armées du Sénat américain...

05 - Mars - 2026

« L’Iran n’est pas le Venezuela.. et nous sommes déjà en train de perdre» : Thomas Massie charge l’administration Trump

Le régime iranien représente-t-il une menace directe et imminente contre les États-Unis, justifiant les frappes ordonnées par le président Donald Trump ? La...