INTERDICTION DE RAPATRIER LES SENEGALAIS MORTS DU COVID-19 : MAMADOU DEME PIQUE UNE COLERE NOIRE ET CLASHE SEVEREMENT DIOUF SARR, AMADOU BA, MOISE SARR…

08 - Avril - 2020

Le gouvernement de la République du Sénégal, par la déclaration de son ministre de la Santé et de l’Action sociale, vient de faciliter la tâche aux militants du four crématoire en France en les alimentant, par les corps des Sénégalais en France que l'Etat du Sénégal a refusé de laisser être inhumés au Sénégal selon leurs vœux. Aux yeux du gouvernement, les Sénégalais ne peuvent avoir la même considération devant la mort car nous sommes persuadés que si un membre du gouvernement ou un gros bonnet de l'Etat était mort ici, ou un diplomate ou un DG quel que soit Alpha, il lui sera trouvé un subterfuge pour le faire rapatrier. L'échec de la tentative du rapatriement de Boubou Ba de façon politique partisane en est une illustration. Que ferait le gouvernement si des Sénégalais meurent du coronavirus à Dakar, si leurs familles souhaitent les enterrer dans leur village ?
Il ne faut pas que Macky Sall soit le président qui laisse les Sénégalais « finir dans les fours crématoires »
Le sort des diasporas sénégalaises est intimement synonyme de ceux de leurs frères et sœurs de leurs villages, à moins que nos gouvernants ne considèrent les diasporas que pour leurs transferts d'argent et que face à l'assistance et à l'accompagnement devant la mort, elles ne méritent aucune considération en dehors de celle d'être enterrée là où ils sont morts ou à être incinérés dans les fours crématoires. Quelle reconnaissance d'un Etat et d'une nation vis-à-vis de ses fils et filles qui participent sans commune mesure à sa stabilité et dont les contributions financières empêchent en toutes périodes des explosions populaires. Le président Macky Sall devrait faire attention pour que dans les annales des diasporas sénégalaises, qu'il ne soit pas le premier président de la République du Sénégal à avoir laissé ses concitoyens morts à l'étranger pourrir dans les cimetières français ou finir dans les fours crématoires européens.
Nous diasporas sénégalaises, nous sommes stupéfaits par la décision du ministre de la Santé et de l’Action sociale et surtout du Comité national de gestion des épidémies qui le conseille, dont les membres qui le composent sont presque tous originaires des régions mais, ont oublié qu'ils venaient des villages et que leurs frères et sieurs en diasporas ont le droit de citoyen d'être enterrés dignement chez eux.
« Au lieu de faire du griotisme pour le président de la République pour les 12 milliards… »
Cette décision du ministre de la Santé et de l’Action sociale montre que, concernant les diasporas, le gouvernement n'a rien prévu et qu'aucun dispositif n’a été anticipé comme si les diasporas ne mourraient pas. Nous aurions souhaité qu’au lieu de faire du griotisme pour le président de la République pour les 12 milliards dédiés aux diasporas, dont nous savons qu'ils n'atteindront jamais leurs objectifs qui seront détournés comme ceux du FAISE, les ministres de tutelle des diasporas soient sérieux et soient en capacité d'anticiper et d'agir en amont en direction des diasporas sénégalaises. Que nenni, ces ministres sont dans d'autres considérations dakaroises qui ne sont pas celles des diasporas sénégalaises. Et ces milliards auraient pu servir à autres choses que d'être détournés de leurs objectifs de solidarité.
Aucun risque sanitaire
Il n'y a aucun risque, je dis aucun risque de rapatrier de France, la dépouille d'un Sénégalais mort du coronavirus, compte tenu des normes et des critères de sécurité mis en place par la France en matière d'inhumation de personnes décédées de maladies infectieuses contaminants comme le coronavirus. Dans le cadre de l'accord entre le Conseil français du culte musulman et l'État français, le défunt musulman est pris en charge par des entreprises funéraires dont les personnels sont formés à cet effet. A la fois pour la toilette mortuaire que la mise en bière et l'inhumation. Une fois cela fait, le défunt est mis dans une housse fermée hermétiquement, puis traité de façon à supprimer tout risque de contamination, puis envelopper du linceul. Ce corps ainsi préparé mis dans un cercueil hermétique en fer, qui à son tour est mis à l'intérieur d'un cercueil en bois fermé et scellé par l'autorité compétente. La France prend toutes ses précautions de sécurité sanitaire sans risque et le gouvernement sénégalais fuit ses responsabilités en n’assumant pas ses responsabilités en sécurisant les trajets entre les lieux de destination pour l'inhumation des défunts (aéroport DIAS –villages)
Quelle déception ! Quelle tristesse ! Quelle fuite de responsabilité et quelle irresponsabilité assumée au détriment des diasporas de la part du ministère des Sénégalais de l’extérieur, du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Santé et de l’Action sociale. Et c'est dommage pour le président de la République d'avoir autour de lui cet entourage-là qui n'ose pas assumer et prendre ses responsabilités.

Mamadou DEME
Président de Kisal Senegal
Haut conseiller des collectivités territoriales
Responsable associatif au sein des diasporas sénégalaises en France

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