INTERPELLATION DE FARBA NGOM A ROISSY : L’HONORABLE DEPUTE A-T-IL DIT LA VERITE ?
Pincé par des douaniers à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, dimanche 12 novembre, en possession d’une forte somme d’argent (38600 euros d’après un document publié par des sites dakarois), le député Farba Ngom est finalement sorti de sa « cachette » avec un démenti : « C’est ma mère qui est malade et elle doit se faire soigner en France. Ma femme, ma tante et moi-même avons décidé de l’accompagner pour l’assister comme il se doit, compte tenu de son âge assez avancé. A notre descente d’avion, ce matin vers cinq heures du matin, nous étions porteurs de 38 600 euros (25 millions de F Cfa) à raison de 10 000 euros chacun. C’est ainsi que je suis allé remplir la fiche de déclaration. Après quoi l’argent en question et tous mes papiers m’ont été restitués. On n’a jamais retenu mon passeport, ni mes bagages. Je n’ai jamais été arrêté », a-t-il dit, cité par Dakaractu.
Mais l’honorable député a-t-il dit la vérité ? La question fait sens puisque des informations recoupées par Infos15 laissent penser qu’il a tronqué le film de son interpellation. « C’est seulement vers 9h00 que Farba Ngom a pu sortir de l’aéroport alors que l’avion d’Air France en provenance de Dakar a atterri vers 6h00. Il voulait passer entre les mailles du filet, mais c’était sans compter avec flair des douaniers », explique une de nos sources.
« Il a fait la déclaration a postériori. S’il l’avait faite avant, il n’aurait pas vécu des moments difficiles. En tant que député, il ne doit pas ignorer la loi. C’est une honte pour notre pays », déplore une autre source.
En effet, le code des douanes impose de déclarer tout transfert international en liquide à l'intérieur de l'Union européenne au-delà de 10.000 euros, sous peine d'amende.
Le cas de Boris Boillon
Le 31 juillet 2013, Boris Boillon, un ancien ambassadeur et conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy avait été interpellé par des douaniers, à la Gare du Nord, alors qu'il était en partance pour Bruxelles. Comme Farba Ngom, il n’avait pas déclaré la forte somme d’argent (350.000 euros et de 40.000 dollars en liquide) qu’il avait par devers lui.
La sanction est tombée cette année, en juillet dernier. Il a été condamné à un an de prison avec sursis pour « blanchiment de fraude fiscale par dissimulation et manquement à l'obligation de déclaration de transferts de capitaux ».
Si le Palais ne s'invite pas dans cette affaire, le griot du président de la République peut avoir maillle à partir avec la justice française, selon plusieurs sources.
Cheikh Sidou SYLLA