Khady Sy, la pionnière sénégalaise qui fait rayonner la physique nucléaire médicale
À 30 ans, Khady Sy a déjà inscrit son nom dans l’histoire de la médecine sénégalaise.
Première et, à ce jour, unique radio physicienne spécialisée en médecine nucléaire et en imagerie médicale au Sénégal, la jeune scientifique incarne une nouvelle génération de femmes qui repoussent les frontières de la science. Derrière ce parcours exceptionnel se cache pourtant une trajectoire qui semblait toute tracée vers une tout autre carrière.
Originaire de Nioro du Rip, dans le Saloum, Khady Sy grandit avec une passion pour les sciences. Élève de l’école primaire de Sarra Thilore Bessane, puis du lycée Maba Diakhou Ba, elle nourrit très tôt le rêve de transmettre son savoir. Après une licence, elle poursuit un Master 1 à la Faculté des sciences et technologies (FST) de l’Université Cheikh Anta Diop avant d’intégrer la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (FASTEF), où elle obtient un Master 2 en enseignement de la Physique Chimie. À ce moment-là, son avenir semble déjà écrit : elle sera enseignante.
Du rêve d’enseigner à la physique nucléaire
Au lieu de rejoindre une salle de classe, la jeune diplômée choisit de continuer à explorer le vaste univers de la physique. En effectuant des recherches sur les spécialisations offertes dans son domaine, elle découvre un Master en physique nucléaire à l’Institut des technologies nucléaires appliquées (ITNA). Une révélation. Cette filière réveille une fascination pour la physique de l’atome et ouvre devant elle un champ de possibilités jusque-là insoupçonné.
Ce choix audacieux va bouleverser sa carrière. Formée à l’ITNA, Khady Sy acquiert des compétences de haut niveau qui lui permettent de se distinguer bien au-delà des frontières sénégalaises. En 2018, elle est sacrée lauréate lors d’une conférence internationale organisée par le Centre international de physique théorique (ICTP), dans le cadre de l’African School of Physics, à Windhoek, en Namibie. La même année, elle est sélectionnée pour participer à la prestigieuse école du Large Hadron Collider (LHC) au Pakistan, un rendez-vous réservé à de jeunes talents venus du monde entier.
Son ascension se poursuit grâce au soutien de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Sur recommandation de la direction de l’ITNA et avec l’appui du point focal national du Sénégal, elle obtient une bourse qui lui permet d’approfondir sa formation en physique médicale à l’ICTP. Une étape décisive qui consolide son expertise dans un domaine stratégique pour la médecine moderne.
Une pionnière au service de la médecine
Aujourd’hui, Khady Sy met ce savoir au service des patients. Elle vient d’être recrutée au Centre hospitalier national Cheikh Ahmadou Bamba de Touba, où son expertise contribuera au développement de la médecine nucléaire, une discipline essentielle pour le diagnostic et le traitement de nombreuses pathologies, notamment les cancers.
Chercheuse passionnée, elle continue également de promouvoir l’innovation scientifique. En mars dernier, représentant l’ITNA au Salon international de l’entrepreneuriat, de la recherche et de l’innovation organisé à l’Université Cheikh Anta Diop, elle a vu son projet décrocher la deuxième place, confirmant une fois de plus son potentiel.
Le parcours de Khady Sy raconte bien plus qu’une réussite personnelle. Il illustre la capacité de l’école sénégalaise à former des profils d’excellence capables de rivaliser sur la scène internationale. Dans un secteur où les femmes restent encore peu nombreuses, elle ouvre la voie à toute une génération de jeunes filles convaincues que les sciences les plus pointues ne connaissent ni plafond de verre ni frontières.
Première radio physicienne en médecine nucléaire du Sénégal, Khady Sy n’est sans doute que la première d’une longue lignée. Et c’est précisément ce qui fait de son histoire une aventure pionnière.
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