Khalifa Sall refuse de lâcher le morceau
Le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall refuse de donner les noms des personnes et autres institutions qui ont bénéficié des fonds de la caisse d’avance de sa mairie. C’est du moins ce qu’il a fait savoir à qui veut l’entendre hier, mercredi 22 février, à la sortie de son audition, la deuxième du genre devant les enquêteurs de la Division des affaires générales (Dag). Dénonçant une campagne de «dénigrement» contre sa personne, il dit être prêt à aller en prison plutôt que de ne pas être loyal.
Il ne faut pas compter sur le maire socialiste de Dakar, pour connaitre les noms des personnes physiques, morales et autres Institutions qui ont bénéficié des fonds de la caisse d’avance gérée par la municipalité de Dakar. Khalifa Sall ne lâchera pas le morceau, qu’importe ce qui adviendra. C’est en tout cas les assurances du maire socialiste, face à une foule acquise à sa cause. En effet, après près de 7 tours d’horloge devant les enquêteurs de la Division des affaires générales (Dag), un des démembrements de la Division des investigations criminelles (Dic), Khalifa Sall a été accueilli en pompe par ses sympathisants, militants et autres souteneurs. Face à la presse, il a fait savoir que «je ne serais pas le premier maire à déflorer le nom des Institutions, des personnes morales, des personnes physiques qui ont bénéficié de ce crédit». Mieux, le leader de Taxawu Dakar indique qu’aucun moyen ne peut le pousser à livrer les noms des bénéficiaires de cette caisse. «Je préfère aller en prison plutôt que de ne pas être vertueux, de ne pas être loyal», précise-t-il.
Sur les raisons d’une telle radicalisation, Khalifa Sall explique que depuis 1920, notamment de Blaise Diagne à lui, «aucun maire n’a justifié et n’a donné les noms des bénéficiaires de ces fonds». Il renseigne que lors de sa prise de fonction à la tête de la municipalité de Dakar, il n’y a aucun archive concernant cette caisse. Selon lui, «les maires gèrent cette caisse au service des populations et partent avec leurs archives». Donc, pour le maire socialiste, du moment que ses devanciers n’ont pas communiqué sur lesdits fonds, il ne sera pas le premier à le faire.
Revenant par ailleurs sur les poursuites judiciaires dont il fait l’objet avec certains membres de sa municipalité, Khalifa Sall dira que cette campagne de «dénigrement, d’entacher une réputation» sera vaine. Pour cause, «quand nous avons été élu à la tête de cette ville, nous avons placé la transparence, la gestion vertueuse au cœur de la gouvernance que nous instaurions», se glorifie-t-il. Il soutient, à cet effet, qu’il n’a rien à se reprocher. Sur le fonctionnement de ladite caisse, il explique que ce sont des «fonds politiques qui servent à soutenir les populations, à faire fonctionner l’Etat comme supplétif au niveau de la ville de Dakar».
Quid de la suite à réserver aux auditions ? Le maire de Dakar montre qu’il ne saurait s’aventurer à donner des informations sur ladite question. Toutefois, il fait remarquer que la procédure ne vient que de commencer. Pour lui, «ils ont terminé une première phase de l’enquête. Ils nous diront quelle suite ils en réservent». En tout état de cause, «sachez que l’intimidation, le dénigrement ne passeront pas», tonne-t-il.
Cependant, le maire de la ville de Dakar a fait un bon témoignage à l’endroit des enquêteurs. A son avis, «ils (policiers) ont été courtois, corrects et professionnels». Il indique en fait qu’ils lui ont laissé le choix de répondre ou non aux questions.
sudquotidien