L’administration catalane à l’épreuve de la tutelle madrilène

30 - Octobre - 2017

Après la déclaration d'indépendance de la Catalogne, vendredi 27 octobre, et sa mise sous tutelle par Madrid dans la foulée, le week-end a été marqué par les manifestations des indépendantistes et des partisans d'une Espagne unie. En ce début de semaine, on s'interroge : les indépendantistes ont-ils l'intention de mettre en oeuvre, concrètement, leur indépendance auto-proclamée ? Si oui, quelle sera la réaction de Madrid ?

 

Après s’être exprimés l’un et l’autre ce week-end, Carles Puigdemont et son numéro 2, Oriol Junqueras, ont laissé l’impression aux Catalans de ne pas vouloir accepter leur destitution. Même si les deux hommes ont tous deux appelé à la résistance pacifique, ils n’ont pas livré de consignes claires à leurs partisans.

Les 200 000 fonctionnaires du gouvernement catalan sont donc dans l’expectative aujourd’hui. Ils attendent tout d’abord de voir si les membres du gouvernement ou l’un des 150 collaborateurs, démis de leur fonction vendredi, oseront se présenter aujourd’hui dans leur bureau. C’est peu probable car ils pourraient être poursuivis par la justice. C’est d’ailleurs le cas de Carles Puigdemont qui devrait être poursuivi pour acte de rébellion, un délit passible de 30 ans de prison.

Madrid, de son côté, désormais responsable des fonctions et des compétences de l’exécutif catalan, aurait donné l’ordre de ne pas envoyer les ministres espagnols, responsables des portefeuilles régionaux en Catalogne, dès ce lundi. Le but : montrer clairement que l’administration catalane est sous l’ordre de l’administration centrale, mais éviter que les fonctionnaires ne la voient que comme une occupation.

Qui ira aux élections ?

D’autres questions se posent sur la position des partis indépendantistes face aux élections régionales annoncées par Madrid pour le mois de décembre.

En effet, au moins deux des trois partis indépendantistes catalans ont laissé entendre ce week-end qu’ils envisageaient de se présenter à ces élections convoquées par Madrid.

Tout d’abord Esquerra Republicana, le parti de la gauche républicaine du vice-président destitué Oriol Junqueras, puis la formation conservatrice de Carles Puigdemont, le Parti démocratique européen catalan (PDeCAT). Les deux partis pourraient présenter une candidature commune. Mais ils n’ont que jusqu’au 7 novembre pour le faire savoir.

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