L’AMALGAME COMME STRATEGIE : LE DERAPAGE DE TROP DE SONKO

18 - Juillet - 2026

À défaut de convaincre par le bilan, Ousmane Sonko semble désormais miser sur la provocation. Ses déclarations, perçues comme visant Touba et la communauté mouride, ne relèvent pas d’un débat de fond, mais d’une stratégie de communication fondée sur la phrase choc et la polarisation.

Accuser, ou donner le sentiment d’accuser, une ville entière et, au-delà, une communauté religieuse, d’être liée au recel constitue un dérapage politique majeur. Dans une démocratie, la responsabilité est individuelle ; elle ne se décrète jamais collective. Lorsqu’un leader politique laisse planer le soupçon sur tout un groupe, il ne recherche pas la vérité : il nourrit les amalgames.

Sa rhétorique habituelle puise davantage dans les recettes du populisme que dans l’exercice d’une critique responsable. Face à une base militante du Pastef qui commence à douter ou à s’impatienter, la tentation est grande de créer un nouvel ennemi, de susciter l’indignation et de ressouder les rangs autour d’un discours de confrontation. C’est là le marqueur politique d’Ousmane Sonko depuis son entrée en politique : la formule remplace alors l’argument, le choc médiatique se substitue au débat.

Touba n’est pas seulement une ville ; elle est un haut lieu spirituel, économique et historique du Sénégal. La communauté mouride est l’un des piliers de la cohésion nationale. La prendre pour cible, ou tenir des propos pouvant être interprétés comme une mise en cause globale, revient à jouer avec un équilibre que les responsables politiques devraient, au contraire, préserver.

Le Sénégal a besoin d’une critique exigeante, capable de contrôler le pouvoir et de proposer une alternative crédible. Il n’a rien à gagner d’une surenchère verbale destinée à faire le buzz ou à remobiliser des troupes pastéfiennes par des déclarations spectaculaires. Les slogans enflamment les réseaux sociaux ; ils ne construisent ni la confiance, ni la justice, ni l’unité nationale.

La parole publique est une responsabilité. Plus elle est puissante, plus elle exige de la mesure. À force de chercher l’effet de manche, on finit par banaliser l’amalgame et par fragiliser ce qui fait la force du Sénégal : le respect de toutes ses communautés et la primauté des faits sur les passions.

Ibrahima Thiam
Président du parti ACT

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

02 - Juin - 2026

Reconduit dans le nouveau gouvernement, Yankhoba Diémé exclu du Pastef par sa base de Bignona

La section de Pastef à Bignona a annoncé, par la voix de son chargé de la communication, l’exclusion de Yankhoba Diémé du parti. Reconduit dans le nouveau...

02 - Juin - 2026

Nouveau gouvernement : Un deuxième ministre exclu de Pastef

L'exclusion des ''traitres'' nommés ministres dans le nouveau gouvernement s'enchaîne au sein du Pastef. Après Yankhoba Diémé, retiré de toutes les...

02 - Juin - 2026

Qui est Djireye Clotilde Coly, nommée ministre de la Jeunesse et des sports ?

L’experte-comptable Djireye Clotilde Coly, ancienne directrice de l’Emploi, a été nommée, lundi, ministre de la Jeunesse et des Sports à la faveur du...

02 - Juin - 2026

Le premier conseil des ministres du nouveau gouvernement est prévu le vendredi

Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye présidera le Conseil des ministres le vendredi 5 juin 2026. L’information a été annoncée ce lundi à...

02 - Juin - 2026

Départ du ministère de l’Intérieur : le message de Me. Bamba Cissé

L’ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a adressé un message de remerciement à la suite de son...