L'ancien magistrat Ousmane Kane annonce une bonne nouvelle pour Pape Cheikh Diallo et Cie, après la cascade de non-lieu
Décryptant la libération de 28 inculpés dans l'affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie », le magistrat à la retraite Ousmane Kane estime dans L'Observateur que le dossier présente de sérieuses fragilités juridiques. Jugeant qu'« une trentaine de non-lieu [...] ça fait trop dans un dossier d'instruction », l'ancien magistrat remet notamment en question la légalité de la collecte de certaines preuves, dénonçant « une exploitation légalement douteuse des téléphones des personnes mises en cause ».
Sur le fond, le spécialiste rappelle que les poursuites doivent être appréciées au regard de l'ancienne législation, qui réprimait la commission d'« actes contre-nature ». Il estime qu'il faudra établir que de tels actes ont été commis individuellement par chaque prévenu et que le simple contenu des messageries ne saurait suffire à établir leur culpabilité pénale.
L'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias prévient ainsi qu'« à cette cascade de non-lieu devant le juge d'instruction, risque de suivre une autre cascade de relaxes devant le tribunal », anticipant de nouvelles difficultés pour l'accusation lors des débats à l'audience, notamment si la défense parvient à contester efficacement la légalité et la solidité des éléments de preuve.