L’ère des dirigeants sans mandat électif !

23 - Juillet - 2019

Le Parti socialiste inaugure une nouvelle ère de gestion. Avec l’avènement de l’actuel ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Aminata Mbengue Ndiaye, désigné successeur légitime du défunt Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng, le noyau dirigeant du Ps est composé pour l’essentiel de responsables sans mandat électif.

L’actuel ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Aminata Mbengue Ndiaye, rejoint la liste restreinte des femmes chefs de partis politiques au Sénégal. Propulsée à la tête de la direction du Parti socialiste en sa qualité de Premier Secrétaire général adjoint, suite au décès du défunt Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng, survenu le 15 juillet dernier, l’actuelle présidente du Mouvement national des femmes socialistes est désormais aux manettes de la maison du Parti.

Dans ses nouvelles fonctions de patron de la famille socialiste, l’ancienne mairesse de Louga (1996-2002 et 2009-2014) sera assistée par un trio composé entre autres de l’ancien ministre et ex-Président de l’Assemblée nationale, Cheikh Abdou Cissokho, par ailleurs deuxième Secrétaire général adjoint et Sg de l’Union régionale Tamba, du maire de la commune de Sakkal, Cheikh Birahim Diagne Sg de l’Union régionale Louga et troisième Secrétaire général adjoint et de l’actuel ministre de l’Eau et de l’assainissement, Serigne Mbaye Thiam, Secrétaire national à la vie politique du Ps.

Ce quarté sera assisté en outre par les adjoints du Secrétaire national à la Vie politique, comme le stiple l’article 30 des statuts adoptés par le XVème mais par l’ensemble des Secrétaires nationaux. Il faut dire, avec cette nouvelle équipe chargée de gérer l’intérim jusqu’à la tenue du prochain Congrès de renouvèlement, c’est une nouvelle ère de gestion politique qui s’annonce au sein du Parti socialiste. Autrement dit, l’ère d’une direction du Ps avec un noyau de responsables sans mandat électif.

En effet, des quatre membres constituant l’actuel bloc dirigeant du Ps à la tête, un seul est dépositaire d’un mandat électif. Il s’agit de Cheikh Birahim Diagne de l’Union régionale Louga. Agé aujourd’hui, d’environ 81 ans, il tire sa légitimité non seulement de sa fonction de maire de la commune de Sakkal, dans la région de Louga mais de son poste de Sg de l’Union régionale Ps de Louga qu’il dirige depuis 2010, suite au rappel à Dieu de feu Daouda Sow.

S’agissant de ses trois autres camarades à la tête du bloc dirigeant, ils titrent leur légitimité politique de la confiance que leur accordait le défunt Secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng. Battus pour la plupart dans leur fief électoral respectif, lors des dernières élections locales de 2014, par leurs alliés de l’Alliance pour la République (Apr), ils n’occupent aujourd’hui que des postes nominatifs.

Au niveau des instances socialistes de base, certains ont été préférés à d’autres camarades socialistes. C’est le cas pour Aminata Mbengue Ndiaye et de Serigne Mbaye Thiam. Dans leurs localités respectifs, les deux ne détiennent aucun mandat électif ni au plan administratif local (maire de commune) ni au sein du Ps (Sg union régionale).

S’agissant du sixième président de l’Assemblée nationale, Cheikh Abdou Cissokho, sa légitimité politique se limite à son poste de Secrétaire général de l’Union socialiste de Tamba.

Il faut dire qu’avec cette nouvelle composition du nouveau noyau dirigeant avec des responsables sans mandat électif, appelés à décider de l’orientation politique du Ps à la place de leurs camarades à la tête des Unions régionales ou encore des collectivités territoriales, le Ps qui fait face à une crise depuis 2016 semble encore loin des eaux tranquilles.

Sud Quotidien

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