L'ILLUSION DU CHANGEMENT

08 - Septembre - 2017

Macky Sall a mis un gouvernement politicien, non pas pour travailler et soulager les populations, mais pour décrocher un second mandat - Le peuple sénégalais doit comprendre que ce n’est pas ce régime incompétent, inféodé, sans vision qui le fera émerger. 

La formation d’un gouvernement est une prérogative constitutionnelle du Président de la République qu’il « exerce » avec la collaboration de son premier ministre (article 43). Mais en écoutant « l’exposé préliminaire » de Boun DIONNE, je n’ai pu m’empêcher de relever la mauvaise foi manifeste du régime, résumée en quelques points ci-après:

1- Boun Dionne déclame, péremptoire, que les secteurs du pétrole et des mines sont si importants qu’il faille les ériger en ministères. Mais Boun Dionne sait pertinemment que ces ministères existaient déjà et que ce n’est pas une nouveauté. En 2012 à l’arrivée du Président Sall, ils étaient tous deux réunis au sein du ministère de l’Energie et des Mines, confié à Ali Ngouye Ndiaye, qui y a perpétré d’innombrables actes de mal gouvernance, notamment sur le pétrole. Ils ont ensuite été scindés en deux ministères: des Mines, dirigé par le même Ali Ngouye Ndiaye, et de l’Energie (englobant le pétrole) dirigé par le rigoureux Thierno Alassane Sall, justement limogé parce qu’il refusait de cautionner les forfaitures du régime dont le dernier, l’affaire TOTAL, lui a valu l’ire de Macky « sobre et vertueux ».

2- Boune Dionn, subitement, semble comprendre l’importance de l’industrialisation dans le développement économique d’un pays et, nous annonce un ministère dédié. cependant, dans tout le PSE, il n y a de programme industriel en dehors du park de Diamniadio devant abrité principalement des délocalisations occidentales. 64% des financements du PSE sont destinés au secteur tertiaire, aggravant du coup le paradoxe de notre structure économique semblable à celle des sociétés post-industrielles et notre sous développement chronique.

3- Boun Dionne annonce un ministère des infrastructures, qui n’est pas une nouveauté au Sénégal. Cependant, nous savons tous que les programmes infrastructures de ce pays, en plus de l’inopportunité pour certains, servent de couverture pour les détournements et l’enrichissement illicite à travers les surfacturations et les dessous de table. J’ai dit récemment que le TER va coûter plus de 1000 milliards au Sénégal (contrats) alors que le Président Macky Sall a annoncé au peuple, sans sourciller, un coût d’à peine plus de 500 milliards.

4- Boun Dionne annonce un ministère pour l’emploi. Sérieusement, comment peut on échapper au ridicule en pensant pouvoir créer des emplois lorsque plus de 80% de votre économie est entre des mains étrangères, que votre monnaie vous tue, que tous les marchés publics sont attribués aux intérêts étrangers à des conditions préférentielles, des exonérations fiscales et la possibilité offerte d’importer leur main d’oeuvre… lorsque vos ressources naturelles sont vendangées avec votre complicité et que votre Président vente les mérites du CFA et des APE pour plaire à la France?

Enfin sur la question de l’organisation des élections, Macky Sall joue encore à se fourvoyer en pensant tromper son opposition. Ce n’est pas la personne de Ablaye Daouda Diallo qui est contestée mais son profil. il est membre et cadre de l’APR, donc partisan. sous ce rapport, il n y a au aucune différence entre lui et Ali Ngouille. Pire, ce dernier est plus à récuser, vus ses faits d’arme dans les secteurs des mines, du pétrole et du gaz.

En conclusion, ces remaniements présentés comme des moments importants de la Nation sont des non évènements, des cirques gouvernementaux. Macky Sall a mis un gouvernement politicien, non pas pour travailler et soulager les populations, mais pour décrocher ce deuxième mandat qui le hante tant.

Le peuple sénégalais (les jeunes en premiers) doit comprendre une chose: ce n’est pas ce régime incompétent, inféodé et sans vision qui le fera émerger, encore moins développer, et ce ne sont pas ces jeux absurdes de distributions de postes ministériels qui y changeront.

 

Seneplus

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