Le PDS a raison de demander la démission du ministre de l’Intérieur

03 - Mars - 2018

Le ministre de l’intérieur organisateur des élections au Sénégal a dit publiquement qu’il fera tout pour que les électeurs potentiels du président Macky Sall, soient tous inscrits sur les listes électorales, qu’il veillera à ce qu’ils reçoivent tous leurs cartes d’électeurs et qu’il mettra les moyens qu’il faut afin qu’ils exercent tous leur vote dans les meilleures conditions. Cela veut dire que tous ceux qui sont catalogués potentiellement opposants n’auront pas la même attention pour s’inscrire, pour récupérer leurs cartes d’électeurs et pour voter. Est-ce que le ministre de l’intérieur connait bien son rôle définit par la loi électorale en son Article L.2. « Le Ministère chargé des Elections assure la gestion des listes électorales et du fichier général des électeurs », et ceci pour tous les citoyens sans aucune distinction ou discrimination. L’Article L.3, clarifie encore son rôle et dit « Sous l’autorité du Ministre chargé des Elections, les services centraux en relation avec les Autorités Administratives assurent la mise en œuvre des prérogatives indiquées dans les articles premier ».
L’Article L.76 nous dit que « Le scrutin est secret », pourtant le ministre de l’intérieur veut lui connaître le vote de chaque citoyen qui s’inscrit sur les listes électorales avant même le jour du scrutin. Donc ce ministre de l’intérieur a malmené au moins 3 articles fondamentaux de la loi électorale et ceci est impardonnable surtout pour celui qui est du début à la fin de tout le processus.
Si le PDS et aujourd’hui beaucoup de partis d’opposition réclament sa démission eh bien, ils sont dans leur droit et l’Article L.6 nous dit que « En cas de non-respect des dispositions législatives et règlementaires relatives aux élections ou référendums par une autorité administrative, la C.E.N.A, après une mise en demeure, peut prendre des décisions immédiatement exécutoires d’injonction, de rectification, de dessaisissement, de substitution d’action dans le cadre des opérations électorales et référendaires, nonobstant son pouvoir de saisine des juridictions compétentes ».
Ce que le ministre de l’intérieur oublie et qui est défini dans l’Article L.53, est que « La carte d’électeur est couplée à la carte d’identité biométrique CEDEAO. Celle-ci fait office de carte d’électeur ». Tout citoyen doit disposer de sa carte d’identité pour ses démarches administratives et pour des raisons évidentes de sécurité. Le PDS a raison de réclamer des sanctions contre le ministre de l’intérieur car l’Article L.108 dit que « Quiconque, en vue d’influencer le vote d’un corps ou collège électoral ou d’une fraction de ce corps ou collège, a fait des dons ou des libéralités de promesses ou des faveurs administratives, soit à une commune, soit à une collectivité quelconque de citoyens sera puni d’un emprisonnement de trois (03) mois à deux (02) ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 FCFA ». Le ministre de l’intérieur dans sa déclaration devant les caméras de la 2STV, compte accorder des « faveurs administratives » aux électeurs potentiels du président Macky Sall. Pour toutes ces raisons, le mouvement Un Autre Avenir est en phase avec le PDS et toute l’opposition qui réclament la démission du ministre de l’intérieur et la nomination d’une personnalité indépendante pouvant garantir des élections libres et transparentes.
S’il est naturel pour une opposition de mener le combat politique, aujourd’hui il y a suffisamment de preuves de violation de notre loi électorale par le ministre de l’intérieur, pour nous pousser à mener le débat au niveau judiciaire afin d’écarter définitivement ce ministre qui clame haut et fort que son objectif est d’élire le président Macky Sall dès le premier. Si nous ne faisons rien, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer au soir du 24 mars 2019, lorsque le ministère de l’intérieur nous sortira des résultats avec 60% en faveur du BBY. Nous avons été abusés aux dernières élections législatives de 2017, nous devons nous préparer en conséquence pour ne pas être désabusés une nouvelle fois en 2019.
Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

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