Le procureur de la République menace ses détracteurs : « Je ne vais plus permettre à qui que ce soit, de quelque bord qu’il puisse se situer, de continuer à invectiver les magistrats, à continuer à jeter le discrédit sur la justice »
Que ceux qui critiquent violemment, injurient et calomnient la justice et les magistrats se le tiennent pour dit. Le procureur de la République, Bassirou Guèye ne tolérera plus des écarts de langage. « La justice, c’est la justice sénégalaise. Elle nous appartient à tous. Et il ne sert à personne de semer le discrédit. C’est vrai, c’est un effet de mode. En France aujourd’hui, c’est le même discours ; en Espagne, c’est le même, partout c’est le même discours. Mais là-bas, les gens y mettent parfois moins de violence. Ici, on injurie, on calomnie, on diffame. Je dois dire aujourd’hui, que ça cesse ! Je ne vais plus permettre à qui que ce soit, de quelque bord qu’il puisse se situer, de continuer à invectiver les magistrats, à continuer à jeter le discrédit sur la justice ! Il faut que ça cesse ! C’est terminé ! », a martelé le procureur de la République vendredi 3 mars, lors d’une conférence de presse à Dakar.
Au cours de son face-à-face avec les journalistes, Bassirou Guèye s’est aussi exprimé sur l’affaire Bamaba Fall et compagnie. « Sur la plainte de Monsieur Ousmane Tanor Dieng, dénonçant les violences qui auraient été commises par des éléments armés de gourdins et de machettes contre sa personne et d’autres membres du bureau politiques du Parti socialiste, j’ai saisi la Division des investigations criminelles pour mener une enquête. L’enquête fut minutieuse et de qualité et a abouti à l’interpellation d’Abdourahmane Mbaye, Bira Kane Ndiaye, Bamba Fall et autres. Suite à leur déferrement à mon parquet, ils furent présentés au juge d’instruction du premier cabinet qui les a inculpés et placés sous mandat de dépôt. L’enquête suit son cours, a expliqué le Procureur avant de tenter de convaincre la presse sur l’impartialité de la justice. En clair, pour Bassirou Guèye, le Parquet, contrairement à ce que disent ses détracteurs, n’est pas instrumentalisée par les tenants du pouvoir. « Ici, que n’a-t-on pas entendu ? On a parlé de justice manipulée, politique et partiale. Alors qu’il s’agit d’une affaire de violence, dont certains ont prétendu être les victimes. On a parlé d’acharnement. Or il s’agit tout simplement d’une affaire de droit commun dénoncée par un citoyen qui s’est trouvé être le secrétaire général du Parti socialiste. »
Cheikh Sidou SYLLA