Le Sénégal est-il en danger ? (Par Cheikhou Baldé)

15 - Mars - 2017

Le Sénégal est malade, malade de ses élites, entrainant dans son sillage les populations dans un délitement absolument délirant. Pourtant le pays engendre en son sein toutes les grandes figures de la félicité, de la vertu et de l’espérance. Mais hélas !
Comment ce pays a pu basculer de la brillance à la médiocrité et tomber si bas ?
Il produisait naguère chez Senghor des rêves de lumière, et suscitait chez certains grands penseurs sénégalais des sensations pharaoniques tant sa magie paraissait universelle.
Autrefois nation adulée, exemplaire, aux alternances vantées, cerné par la connaissance, qui inspirait un dialogue multiforme, la recherche du consensus et le mieux vivre ensemble. Bardé de valeurs, vie et joie, respect et probité, une société qui donnait envie.
Qu’a-t-on fait de ce pays ? Devenu aujourd’hui brouillon, déliquescent, mal organisé, où les rapports humains sont d’une fausseté ahurissante, faits de médisances, de jalousies puériles et d’opportunismes mercantiles. Il faut bien reconnaître que la société sénégalaise est sérieusement abimée. Et que le Sénégal n’est plus le Sénégal.
Gouverné en plus de la pire des manières où le citoyen compte pour un énergumène sans esprit, où le parti vaut sur la patrie, où les investissements ne sont mus que du bon vouloir du prince au nom de son prestige nonobstant toute logique économique. Le pouvoir n’ayant d’horizon que la mise à feu et à sang le pays, embastillant, humiliant, dégradant toute personnalité contestant sa gouvernance. Quelle est cette démocratie où la justice est aux ordres ?
Comment comprendre l’immixtion du pouvoir dans les affaires internes du Parti Socialiste. Dire que Khalifa SALL aurait détourné de l’argent public est une plaisanterie. C’est un sport national qui va du haut sommet de l’Etat au balayeur de l’hôpital. Le maire de Dakar comme le maire de la Médina sont en prison pour la simple et bonne raison qu’ils souhaitent défier le président SALL lors des prochaines législatives et présidentielle.
Ensuite, que dire des maigres deniers de l’Etat qui ne servent qu’à gaver des copains et des affidés au nom de la coquetterie partisane. IL suffit là aussi de voir comment le président et ses partisans distribuent des liquidités dans des manifestations ou simplement lors de déplacements politiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays pour s’en apercevoir. Et qui parlait de gestion sobre et vertueuse ?
Au moment où toutes les nations ambitieuses se cherchent des voies de progrès parce que le monde est en pleine en mutation, les défis colossaux, les autorités sénégalaises, elles, sont en quête de voies et moyens pour faire exploser leur pays. Rien que ça !
Il faut notamment écouter la majorité des hommes et femmes politiques de la mouvance présidentielle pour le comprendre. Ils sont d’une vacuité abyssale. Des pyromanes qui respirent et transpirent politique et ne comprennent rien aux enjeux du monde présent, tant ils ne sont intéressés que par les privilèges et les attraits du pouvoir. Ce n’est pas tellement mieux dans une large partie de l’opposition dont le seul crédo est le départ de Macky.
Pendant ce temps la République vacille, souffre de son école moribonde, de sa santé désespérante, du chômage endémique, de son hygiène défaillante, du manque de perspectives, etc.
Entendre parler d’émergence par ces gens-là est la pire escroquerie de tous les temps. Le PSE est une diversion, une pantalonnade. L’émergence, c’est une idée, une vision et une méthode, c’est l’exacte traduction d’un peuple – un but – une foi.
Cheikhou BALDE

 

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