Législatives 2017 au Sénégal : le sort de Khalifa Sall connu le 20 juillet

07 - Juillet - 2017

Dix jours seulement séparent la date choisie par la Cour suprême pour asséner son verdict sur la demande de liberté provisoire de Khalifa Sall du jour de vote pour les législatives au Sénégal. Certains veulent encore croire à un signe de décrispation du climat politique dans le pays. D’autres y voient le signe d’une justice aux ordres qui traîne les pieds. Une chose est sûre., le maire de Dakar passera les premiers jours de campagne dans la chambre spéciale de la prison de Rebeuss.                                                                                                                                                          En signe de protestation, les avocats de Khalifa Sall ont quitté le prétoire de la Cour suprême sur la corniche ouest dakaroise. Les robes noires ont multiplié ces derniers mois les recours et les contestations pour espérer libérer Khalifa Sall, le maire de Dakar incarcéré depuis le 7 mars dernier pour des soupçons de détournements de deniers publics estimés à 1,8 milliard de Fcfa de la caisse d'avance municipale. Ce sera peine perdue.

Premiers jours de campagne en prison pour Khaff
Comme un coup de massue, la Cour suprême a décidé, ce jeudi 6 juillet, de reporter son délibéré au 20 juillet prochain sous l'argument étonnant que les avocats des co-accusés de l'édile socialiste ne se sont pas présentés à l'audience. Hasard de calendrier, le report de la décision de la plus haute juridiction sénégalaise intervient quatre mois jours pour jour que Khalifa Sall est incarcéré derrière les grilles de Rebeuss, la prison urbaine la plus surpeuplée.

Hors des prétoires, ce report de verdict a des incidences plus larges. En l'absence de cette décision interprétée comme un recours de la dernière chance de voir l'édile de la capitale sénégalaise libre au moins provisoirement, Khaff (le "peureux", surnom du maire de Dakar) reste confiné dans sa cellule de Rebeuss. Tête de liste de la coalition d'opposition « Mankoo Taxawu Sénégal » aux législatives du 30 juillet prochain, ce socialiste de 61 ans ne pourra pas assister aux premiers jours de la campagne électorale qui s'ouvre officiellement le 9 juillet pour se refermer le 28 juillet à minuit.

Khalifa Sall passera donc une partie de la campagne pour les législatives en prison sans même pouvoir enregistrer devant les caméras de la RTS (la télévision publique), le traditionnel message de lancement de campagne par les têtes de liste. Même si la cour suprême décide de lui octroyer la liberté provisoire, il n'aura qu'une pleine semaine pour se joindre à ses troupes sur le terrain qui ont anticipé la perspective de ne pas voir leur champion à leurs côtés.

Un aveu présidentiel et des espoirs
Et puis, il y a cet aveu à demi-mots à quelques jours des législatives de Macky Sall interprété comme un lapsus qui va entériner la détention de Khalifa Sall. Signe de la valeur stratégique de Dakar dans la bataille des législatives, le président sénégalais, un temps favorable à une libération sous condition de Khalifa Sall, a déclaré devant ses militants : « il faut gagner Dakar ou on va tous périr ». Et d'ajouter « c'est hors de question de perdre face à une liste menée par une tête de liste qui n'a pas sa liberté de mouvement »

Depuis sa tour carcérale de Rebeuss, Khalifa Sall attend patiemment la décision du 20 juillet dans laquelle, il joue son quitte ou double dans le poker politique qui l'oppose à la coalition présidentielle. Ses partisans gardent espoir que le calendrier judiciaire sénégalais, comme à son habitude, leur réserve encore une dernière surprise.                             La Tribune 

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